Rehauts

 
par Tristan Hordé

Umberto Saba a nourri à plusieurs reprises son Canzoniere, mais de nombreux poèmes n’y avaient pas été intégrés ; Thierry Gillybœuf en propose quelques-uns, dont 15 « Chansonnettes pisanes », presque toutes sous la forme du quintil, où l’on retrouve des motifs chers au poète de Trieste : notations éthiques, refus vigoureux de la religion et dénonciation du « bruit horrible de la guerre ». À la suite de cette ouverture, toujours consacrée à une traduction, des dessins de Philippe Richard, autour de répétitions – le second peintre présent dans cette livraison, Philippe Compagnon, présente des jeux de lignes et de points. On retiendra aussi, notamment, les sonnets de Robert Marteau (1925-2011), grand poète de la nature, de ses formes, odeurs, couleurs, à l’écoute « du cri de l’oiseau / Noir, la corneille » ; on lira les extraits d’une pièce au ton beckettien, Hors jeu, de Catherine Benhamou, on sera entrainé à réfléchir avec Philippe Boutibonnes (Disegno) sur les aspects rituels qu’a eus le dessin (que l’on songe à l’art pariétal), on cherchera à compléter les moyens de se suicider de manière originale qu’explore Daniel Cabanis : ainsi s’emplir d’eau et réussir à se faire enfermer dans un congélateur industriel… La lecture de Rehauts permet enfin de (re)découvrir des poètes grâce aux recensions de Jacques Lèbre, cette fois Jean-Claude Caër et, par une anthologie, Jean-Pierre Lemaire.




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Rehauts
N° 38
112 p., 13,00 €
couverture