Alain Hobé : Dans le silence et la contemplation de chien des pieux

 
par Narciso Aksayam

Du corps. On connaît Alain Hobé. On a pu le lire déjà. Dans la revue Lignes on a pu l’entendre. On parlait de Sarkozy. On cherchait ce qu’est tenir parole1. On se dénudait dans la tâche de la littérature. On était gouverné. Et sa phrase impersonnelle et courte régnait. Si elle avait Lieu d’être2. D’une irréversibilité sèche. Chiens déjà là. Fouille au corps.
Du corps ailleurs. Chez Tardigrade, L’Arachnoïde, L’Attentive. Ou bien l’aperçu insaisissable d’un visage en noir et blanc intense. Ou seulement lui dans les rues d’Angers, ou les ombrages de Montpellier, ou bien nuage de poussière en Afrique sombre, recommencé.
Du corps immédiatement Traité, dont la prosodie d’anaphores gagne sans attendre la pulsation sans attendre. Rejet enjambement contre-rejet balance. Balance. Ellipse. Césure de qui là gît debout / qu’il n’était pas possible d’aimer qu’au point de tuer. Césure incisive. Césure dedans. Lueur cessée.
Du corps martyr dans la rouille. Dans les intempéries du gens. Replis devant soi. Râle de misère soutenue. Sostenuto de larmes. À la merci de la merci. Stances d’incertitude et de transir. Stances d’irrégularité – comptées de vers libres. Repli retrait de pauvreté sur soi. Sur corps fini. Main tête tout. Infime. S’effaçant dans sa plaie.
Ténèbre du corps. Cri rythmé de stupeur. Supplice de nuit. Effroi sans profondeur. Effroi non plus sans nom. Reste quitté aveugle au pied du mur reste à genou reste bandé de rythmes mot à mot. Reste nu. Demeure.




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Fissile
« Maigre » n° 30
16 p., 5,00 €
couverture

1. Co-écrit avec Cécil Canut (Lignes n°42, 2013/3), anthropologue et cinéaste pour qui il compose musique et dispose montage.

2. Lignes n° 5, 2001/2.