Véronique Béland : Le vide de la distance n’est nulle part ailleurs

 
par Alain Helissen

Attention, ce livre n’est pas un livre « ordinaire ». Aussi faut-il en préciser le processus de fabrication. Il met à contribution un radiotélescope scrutant la Voie Lactée pour en capter les ondes radio. Grâce à un programme informatique dédié, celles-ci activent un générateur de texte aléatoire relié à une imprimante matricielle. De l’énorme corpus ainsi assemblé Véronique Béland a sélectionné la matière finale de l’ouvrage. L’objet se singularise encore visuellement. On y pénètre par des pages entièrement noires qui progressivement laissent transparaître des traces blanches et grises. L’écriture n’apparaît qu’au bout d’environ 80 pages, d’abord sous forme de lignes illisibles entre lesquelles vont peu à peu s’inscrire des fragments de phrases lisibles. « Le vide de la distance n’est nulle part ailleurs » se termine par des textes de plus en plus épurés, jusqu’à laisser place à quelques pages blanches. Par ce projet tenant de l’expérimentation Véronique Béland entend illustrer la propension de l’humain à donner sens à tout ce qui l’entoure. Quant aux textes ainsi recueillis, on aura compris qu’ils tiennent plus du « collage » aléatoire que d’une création d’auteur, fût-elle poétique.




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sun/sun
29,00 €
couverture