Antoine Emaz : Planche

 
par Régis Lefort

Planche, le nouveau livre d’Antoine Emaz s’inscrit dans la continuité de Cambouis, de Cuisine, de Lichen, lichen et de Lichen encore. L’écriture fragmentaire qui s’y présente entremêle certains moments de la vie quotidienne, dont la préparation des repas ou l’observation du jardin, et une réflexion sur la poésie. Le lecteur y retrouve un Antoine Emaz dont l’acuité, la finesse et l’élégance de l’analyse portent ce livre du côté de la justesse, du côté du mot juste pour définir son travail de poète. Le livre s’ouvre et se referme d’ailleurs sur le questionnement de cette « justesse », de ce mot juste. Pour le poète, il s’agit, au bout du poème « d’une sorte de continu sonore sans heurt ni pause ni variation » ou bien d’une impression « quasi de l’ordre d’une évidence sonore immédiate ». Peut-être est-ce ce qu’il appelle encore en l’interrogeant « un instinct de langue ». Le poème est une saisie du présent, il « tient sur sa pointe de langue ». Fidèle à son « vivre-écrire », Antoine Emaz note encore que la poésie est le genre littéraire « capable de s’aventurer le plus loin possible dans l’expression de vivre ». Il habite pour cela « dans une zone entre réalité, mémoire et langue ».




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Rehauts
136 p., 16,00 €
couverture