Olivier Barabant : Odes dérisoires

 
par Monique Petillon

Dans cette anthologie personnelle, Olivier Barbarant fait entendre, au cœur de ses « essais de voix », la plénitude sensorielle et l’effusion sentimentale : « Moi qui n’ai jamais cru qu’au pouvoir du frisson » dit-il, ému par des vers de Racine. Mais redoutant les « mièvreries », il oscille toujours entre élan lyrique et hésitation critique, ce que soulignent les adjectifs – Odes dérisoires, Élégies étranglées – dans les titres de ses recueils. « Il y a comme un contre-chant permanent dans le chant d’Olivier Barbarant, écrit dans sa préface Jean-Baptiste Para, où s’esquisse tantôt une distance ou un écart quelque peu ironique par rapport à soi-même, tantôt une conscience aiguë de la situation précaire de la poésie et de son empreinte incertaine sur le cours du monde ».
Cependant la perception immédiate du quotidien s’inscrit toujours pour lui dans le « balancier de l’univers ». Spécialiste d’Aragon, admirateur de Maïakovski et de Claudel, Barbarant affirme, dans Je ne suis pas Victor Hugo (Champ Vallon 2007) : « Un homme n’est pas fait que du temps intime, du cœur qui cogne ou bien se tait. Aussi éloignés semblent-ils à première vue, le rythme du corps et celui de l’Histoire forcément se rencontrent, se nouent ». De cette relation, on trouve un bel exemple avec le poème « Missolonghi 2012 », qui, citant précisément en exergue un vers des Orientales de Hugo, mêle dans un même chagrin la détresse d’un pays et la mort d’une mère.




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et autres poèmes
Préface de Jean-Baptiste Para
Gallimard
« Poésie »
192 p., 7,20 €
couverture