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	<title>CCP &#187; Christian Tarting</title>
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	<description>cahier critique de poésie</description>
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		<title>Mathieu Bénézet : Premier crayon / Les mêmes, désolées / Le Ciel c’est l’accident</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Apr 2015 00:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #30-1]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Tarting]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Bénézet]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Christian Tarting Pour fêter un infans Quelques mois après sa mort – survenue le 12 juillet 2013 – et quasi simultanément sont parus trois livres de Mathieu Bénézet, qui s’est vu décerner le Grand Prix de Poésie de l’Académie française peu avant son décès – mais alors qu’il était hospitalisé depuis plusieurs mois &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-3066-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-3066-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-3066-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-3066-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Christian Tarting</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3066-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><strong><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Pour fêter un infans</em></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Quelques mois après sa mort – survenue le 12 juillet 2013 – et quasi simultanément sont parus trois livres de Mathieu Bénézet, qui s’est vu décerner le Grand Prix de Poésie de l’Académie française peu avant son décès – mais alors qu’il était hospitalisé depuis plusieurs mois à l’hôpital Tenon, à Paris. Son très fidèle éditeur et ami, Yves di Manno<sup>1</sup>, le rappelle opportunément, lui qui aura publié chez Flammarion une large part des quatorze ouvrages de Bénézet figurant au catalogue de la maison d’édition, quinze si l’on compte le volume d’œuvres rassemblées dont il fut l’impeccable ordonnateur et préfacier<sup>2</sup> : ce prix ne fut pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser – et quelque poids que l’on accorde, toutes activités confondues, au registre des récompenses – un prix posthume.<br />
L’affaire serait de peu d’importance, de toute façon, l’auteur de <em>L’Océan jusqu’à toi</em><sup>3</sup> – sans doute son livre le plus important – n’ayant guère eu besoin, guère besoin de ce signe de « reconnaissance » pour marquer avec force la lecture de la poésie contemporaine, pas uniquement française. Sa lecture et, faudrait-il ajouter, sa <em>pratique</em>.<br />
Car Bénézet fut – reste, ô combien – l’un des grands « incitateurs », des grands inventeurs-déplaceurs de formes de notre modernité de l’<em>après coup</em> (pas la moins efficiente). Ceci de la grande recomposition, explosante-fixe autobiographique, qu’est <em>L’Imitation de</em> <em>Mathieu Bénézet</em>, ou du souvent poignant <em>Roman journalier</em><sup>4</sup> – plongées d’écriture qui n’ont rien à voir avec un morne récit de soi et, <em>a</em> <em>fortiori</em>, avec la désespérante « autofiction » – à la série de ces apostilles qui surent remodeler de façon qu’il faut dire virtuose la saisie poétique des états de conscience, du mouvant de l’humeur ; surent scénographier la diffraction du <em>moi</em> par la littérature même, la percussion des noms propres – Cavafy, Mallarmé, Akhmatova, Leopardi, Baud ! – lui servant de tenseur mais aussi de ce que l’on aimerait considérer comme une construction mythique négative. Moments-Bénézet. Déboîtés-nets. Moments que les dernières pages – <em>dernières </em>: l’inédit, les ultimes publications le laissent bien entendre, ne manque pas – prennent en toute force.<br />
Force – forces des <em>valeurs</em>, critiques aussi bien, et peut-être fondamentalement<sup>5</sup>, de l’écrivain de poésie. Mais : critique, expression en propre, quelle séparation ? C’est déjà ce que nous disaient sans réserve <em>Détails, apostilles</em> et encore, plus lointainement, <em>Ceci est mon corps</em><sup>6</sup>.<br />
« Comme une voix criblée / par les voix du dehors », écrit Mathieu Bénézet en ouverture de <em>Les mêmes, désolées</em>. Criblée, cette voix l’est aussi par celles de « mèrepère », celles d’une ascendance anadyomène. L’aura été jusqu’à la fin : ces voix, ou ces signes, ou cette aimantation sont là dans <em>Premier</em> <em>crayon</em>. La page 116 fait venir dans le livre un document manuscrit de Gisèle Sicard, mère de MB. Il s’agit d’un plan. D’une affaire, donc, d’orientation – ce qui résumerait bien l’œuvre entier de l’auteur de <em>Biographies</em><sup>7</sup>. Et, coda d’une courte prose à la justification serrée ouvrant la deuxième laisse du recueil, en écho du séjour à l’hôpital – <em>hôpital </em>: le mot rythme le livre –, la mort du père est évoquée (p. 57-58). Récit de la mère, rapporté sec. Fin de partie oui.<br />
Remémorée dans la traversée de douleur qu’est <em>Premier crayon</em> (« ceux qui ne dorment pas d’une / même douleur en Douleur / attendent une autre douleur / de Douleur », p. 15), cette mort pour autant ne s’accorderait guère avec le regret. « Père compissé hypostasié par la bouche. / Père hypostasié par la bouche du regard » nous dit <em>Les mêmes, désolées</em> (p. 16), livre qui eût mérité d’être cosigné puisque, en février 2010, Bénézet a confié à Cédric Demangeot le soin de le monter, littéralement de le fabriquer à partir de « papiers retrouvés » s’échelonnant de 1972 à 1980. « Faites mes livres sans moi », deux lettres de MB publiées en postface, donnent à Demangeot un <em>la</em> particulier d’autorisation.<br />
Voici donc un <em>écrire de ne pas écrire</em> (Gérard Arseguel) qui lui aussi organise la disparition – « une fraction de deuil immergée » (p. 37). S’entrechoque avec la réalité minée du poète, <em>venu d’un enfant dans un autre</em> <em>livre</em><sup>8</sup><em> </em>: un <em>infans</em> dont tout ceinture le cœur et dont le cœur parle avec la violence défaite de la langue, celle qui reste, lui reste. « Lignes effondrées du paysage » (p. 31), de ce paysage mental blessé, scarifié comme le fut le visage (« je propose de ne pas / revenir sur la / question des blessures / infligées au visage / de l’auteur », <em>Premier crayon</em>, p. 48), qui donnent l’ouvrage publié par Olivier Cabière à L’arachnoïde.<br />
Chute. (Mallarmé repris par Bénézet en exergue de <em>Les mêmes, désolées </em>: « … j’ai aimé tout ce qui se résumait en ce mot : <em>chute</em>. ») Accident répété, accident <em>décidé</em> (au fond) qui s’appelle vie. Marches de la perte (« … vois comme j’ai vieilli. “Oui. Vieilli.” Ce n’est rien c’est l’hiver et mes mots qui sortent de ta bouche. “Vieillis.” “Oui. Vieillis.” » – <em>Le Ciel c’est l’accident</em>, p. 36). Frappes de la maladie, de la dé-figuration, de la déréliction, du mourir (« femmes hommes hurlent ils ne me voient pas ils ne regardent pas mon corps meurtri mon corps blessé lui seul a le droit de hurler », « je ne sais plus entré dans le malheur du corps comment vous parler je ne peux pas j’écris la fin d’un monde qui n’est pas le monde je n’écris pas », p. 75 &amp; 76).<br />
Reprenant en large part un texte publié quelque trente ans auparavant<sup>9</sup> et décidé par un événement traumatique de l’enfance – événement majeur, <em>inaugural</em>, que le nouveau titre révèle presque –, <em>Le Ciel c’est l’accident</em> montre, par sa publication conjointe avec le livre comme testamentaire de celui qui disait « je vis avec Mathieu Bénézet, je ne suis pas Mathieu Bénézet », l’impressionnante cohérence de l’œuvre.</span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3066-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-3066-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
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<a href="http://editions.flammarion.com/" target="_blank">Flammarion</a><br />
« Poésie »<br />
120 p., 14,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3066-0-2-1"><div class="textwidget"><div align="left"><em>Les mêmes, désolées</em><br />
<a href="http://www.fissile-editions.net/" target="_blank">Fissile</a><br />
« Cendrier du voyage »<br />
48 p., 10,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3066-0-2-2"><div class="textwidget"><div align="left"><em>Le Ciel c’est l’accident</em><br />
<a href="http://www.arachno.org/" target="_blank">L’arachnoïde</a><br />
80 p., 14,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3066-0-2-3">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-1/TARTING-benezet-1.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-3066-0-2-6">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. Qui, chez Flammarion, aura été précédé, comme interlocuteur de Bénézet, par Jean Ristat puis Bernard Noël. On ne saurait oublier leur rôle dans l’édition de l’œuvre…</p>
<p align= "left">2. <i>Œuvre 1968-2010</i>, Flammarion, « Mille & une pages », 2012. Yves di Manno a repris « La réfutation lyrique », sa longue préface au volume, dans <i>Terre ni ciel</i>, Librairie José Corti, « En lisant en écrivant », 2014.</p>
<p align= "left">3. <i>L’Océan jusqu’à toi</i>, Flammarion, « Poésie », 1994.</p>
<p align= "left">4. <i>L’Imitation de Mathieu Bénézet</i>, Flammarion, « Digraphe », 1978 ; <i>Roman journalier</i>, Flammarion, 1987.</p>
<p align= "left">5. <i>Le Roman de la langue. (Des romans: 1960-1975)</i>, U.G.E-10/18, 1977 ; <i>André Breton, rêveur définitif. Essai de lire</i>, Éditions du Rocher, « Les Infréquentables », 1996.</p>
<p align= "left">6. <i>Détails, apostilles</i>, Flammarion, « Poésie », 1998 ; Ceci est mon corps, Flammarion, « Textes », 1979.</p>
<p align= "left">7. <i>Biographies</i>, Gallimard, « Le Chemin », 1970.</p>
<p align= "left">8. <i>Il vient d’un enfant dans un autre livre</i> est le titre du premier ouvrage de Bénézet publié par L’arachnoïde, en 2010. Signalons, outre l’originalité de son travail éditorial, la grande qualité plastique des ouvrages de la maison d’édition qui, tout comme Fissile, bénéficie des soins de Gérard Bourdarias, excellent imprimeur montpelliérain.</p>
<p align= "left">9. <i>Nous ces photographies. Non</i>, Ubacs, 1984.</p></div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Jean-Jacques Viton : Selected sueurs</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2015 16:18:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #29 Hors série]]></category>
		<category><![CDATA[Dossier Cohen & Viton]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Tarting]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Jacques | Viton]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Christian Tarting Manuel de renouement La passion intacte des listes, du programme, l’obsession du précis, du détail (du frasté du détail), le dit nomenclaturé, le jeu constatif toujours, l’œil photographique, sec et bien souvent tonguincheecké, la question du long mouvement, métrique-narratif, du récit en vers et du peu poétique (jamais d’une poétique du &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-2900-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-2900-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-2900-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-2900-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Christian Tarting</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-2900-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><strong><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Manuel de renouement</em></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">La passion intacte des listes, du programme, l’obsession du précis, du détail (du <em>frasté</em> du détail), le dit nomenclaturé, le jeu constatif toujours, l’œil photographique, sec et bien souvent tonguincheecké, la question du long mouvement, métrique-narratif, du récit en vers et du peu poétique (jamais d’une poétique du peu), l’affaire du refus, de la désignation, presque hautaine parfois, à la Gracían, de l’inacceptable, l’idée finalement d’un lyrisme décadré qui, s’il a de tout temps débarqué la métaphore (dès <em>Au bord des yeux</em>, Action poétique, « Alluvions », 1963), n’en a pas franchement fini (et n’y tient pas) avec le moment du chant, avec une sorte de chant général du sensible – de l’infra-ordinaire au pornographique, à l’amoureux (c’est tout comme) et au politique (d’abord, sans doute) : le système-Viton est, depuis 1981, depuis la première grande publication, celle de <em>Terminal</em> (Hachette / P.O.L), celle de cette épopée – genre déclaré du livre – qui nous manque (l’ouvrage est scandaleusement absent de la librairie, depuis de trop nombreuses années), en acte, littéralement, en force, et en toute radicalité. Système resserré, crispé et pourtant d’un allant avéré, respiré, emportant et – dirais-je – touchant : c’est qu’il y a là un timbre, un port de voix ; un <em>portamento</em> particulier. Signé. Dans sa diction terme à terme du monde, prosodié terme à terme, fouaillé, dans ce monde au présent qui est « un endroit dangereux », Jean-Jacques Viton non seulement se nourrit du différend, à lui s’enlace, mais encore, par la mécanique des prélèvements (l’organisation du <em>vrac</em> – tel était le premier titre de cet ensemble), leur réagencement tendu (le détissage de l’accumulation vite), le provoque ; pique, scarifie un réel désaccordé et, le poussant dans ses retranchements (des « couloirs d’exposition ») frictionnellement dessine l’autoportrait d’un homme non réconcilié et pourtant confiant, gardant le visage calme à l’examen du jardin particulier de l’effort qui, marelle de comportements contradictoires, aura engendré <em>Selected Sueurs</em> (trois temps d’attraction où <em>s’ajoutent et se retranchent les choses</em>) et dont, même s’« il est trop tard pour s’échapper », la vivacité mentale et la lucidité sont thérapeutiques.</span></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">— Article publié dans CCP n°21, 2011.</span></em></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2900-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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128 p., 16,50 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2900-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/horserie/21-tarting-zenone-n.jpg
" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2900-0-2-2">			<div class="textwidget"><p align= "left"></p></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-2900-0-2-3">			<div class="textwidget">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Jean-Jacques Viton : Je voulais m’en aller mais je n’ai pas bougé</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2015 16:07:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #29 Hors série]]></category>
		<category><![CDATA[Dossier Cohen & Viton]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Tarting]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Jacques | Viton]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Christian Tarting Manuel de dénouement Le monde, bande passante, sismique, précipités, le monde, principes d’affolement et stases, manières froides du moment ou rages au contraire, est là se faisant défaisant, s’affiche, coule, arrêts sur lui, saute et se délie, se rassemble-éclate, s’affirme en noir et blanc, dans la crispation mais aussi une élégance &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-2894-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-2894-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-2894-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-2894-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Christian Tarting</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-2894-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><strong><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Manuel de dénouement</em></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Le monde, bande passante, sismique, précipités, le monde, principes d’affolement et stases, manières froides du moment ou rages au contraire, est là se faisant défaisant, s’affiche, coule, arrêts sur lui, saute et se délie, se rassemble-éclate, s’affirme en noir et blanc, dans la crispation mais aussi une élégance triste (là dans la langue), dit cela, dit ce que dit la crispation, ou non – ne s’y range, l’épouse ou la rejette au contraire – au contraire la tient en respect; le monde est peut-être <em>au contraire: </em>tel est d’abord ce dont nous instruit, et de si longtemps, l’entreprise poétique de Jean-Jacques Viton. Donnée au réel et à sa tête multiple (Luc Ferrari). À ce qui en coupe. Et : de lui toujours se mettant à distance, prenant sans annonce ses marques, elle recadre l’événement, dans la fermeté d’un vers constamment armé, au sens fort, de la logique du récit. Logique critique, anti-effusive, anti-démonstrative. Vers de longue venue, rapteur-informatif, et du long souffle ; nourri, scandé, commentant. Vers qui, de son attachement au fait brut, à l’infra-ordinaire (« 10.45 moins fatigué qu’à 09.00 / je n’ai fait que des gestes raisonnables automatiques », « plus attentif qu’à 10.00 / descendu 96 marches par blocs de 8 marches très larges », « plus absent qu’à 11.50 / n’ai rien fait ou tout oublié c’est <em>le cours du temps </em>»), d’un entomologisme distancié (l’intime <em>et l’environ) </em>à la frappe de l’« immonde mondial<sup>1</sup> » (« <em>mon regard allait vers cet ami qui égorgeait </em>/ <em>j’ai eu un malaise et j’ai détourné le regard </em>/ <em>je voulais m’en aller mais je n’ai pas bougé </em>», « la fin d’un homme auquel on ouvre le torse / désarticule l’épaule au poignard extrait l’os du bras / que l’on casse avec effort pendant que l’homme / fait caca en beuglant »), n’oublie rien de ses responsabilités, ne veut rien perdre de son pouvoir. (« Le vers libre a tous les droits sauf celui de ne pas être un vers » : Viton répond, obliquement mais nettement, à l’assertion de Jean Royère souvent rappelée par Jean Tortel.) Vers <em>au contraire </em>: celui de la <em>tenson, </em>là toujours, cœur de la dispute et cœur d’amour – pour lui et le monde. Vers offensif, qui ne veut pas s’en laisser conter et refuse le charme (mais pas l’élégance, triste ; alors, et de si longtemps). <em>Sed contra </em>: dans la lumière, l’idée lucide du texte et sa violence rentrée (non son énervement; non son agacement). Sa violence, plus justement : ramassée. Ce livre, certainement le plus fort de Jean-Jacques Viton depuis <em>Décollage</em><sup>2</sup><em>, </em>dit cela, pour-contre le monde : une écriture (« La révolution, c’est le style... ») mais plus encore. Sans manifeste une pensée. (En l’occurrence, plusieurs <em>manifesteurs </em>intempestifs pourraient s’en instruire ou inspirer.) Politique. Viton : sans aucun doute le poète politique de l’espace contemporain, en France. Le seul.</span></p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">— Article publié dans CCP n°17, 2009.</span></em></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2894-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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112 p., 16,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2894-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/horserie/17-tarting-n.jpg" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2894-0-2-2">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. L’expression est de Gérard Granel. </p>
<p align= "left">2. P.O.L, 1986.
</p></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-2894-0-2-3">			<div class="textwidget">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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