<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>CCP &#187; Carles Riba</title>
	<atom:link href="https://cahiercritiquedepoesie.fr/tag/carles-riba-2/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://cahiercritiquedepoesie.fr</link>
	<description>cahier critique de poésie</description>
	<lastBuildDate>Fri, 23 Feb 2018 17:21:42 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=4.0.38</generator>
	<item>
		<title>Carles Riba : Élégies de Bierville</title>
		<link>https://cahiercritiquedepoesie.fr/ccp-34-2/carles-riba-elegies-de-bierville</link>
		<comments>https://cahiercritiquedepoesie.fr/ccp-34-2/carles-riba-elegies-de-bierville#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 13 Jul 2017 00:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #34-2]]></category>
		<category><![CDATA[34-2]]></category>
		<category><![CDATA[Carles Riba]]></category>
		<category><![CDATA[Christian | Travaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cahiercritiquedepoesie.fr/?p=9262</guid>
		<description><![CDATA[&#160; par Christian Travaux À les lire, on dirait Les Elégies de Duino de Rilke. Même ampleur, même hauteur de vue, même volonté de crier « d’entre les ordres des anges »1. Même mouvement impulsé par un lieu, une situation de détresse ou d’enfermement, une vie précaire. Et même orage dans la parole. Car, d’emblée, le ton &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-9262-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-9262-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-9262-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-9262-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Christian Travaux</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-9262-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">À les lire, on dirait <em>Les Elégies de Duino</em> de Rilke. Même ampleur, même hauteur de vue, même volonté de crier « d’entre les ordres des anges »<sup>1</sup>. Même mouvement impulsé par un lieu, une situation de détresse ou d’enfermement, une vie précaire. Et même orage dans la parole. Car, d’emblée, le ton est donné de tutoyer les immortels, de parler avec les nuages, ou d’échanger avec la foudre, et voir plus loin et plus avant.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Pourtant, l’enjeu est différent, et les circonstances d’écriture de ce livre particulières. En 1939, Riba doit fuir l’Espagne de Franco, plus exactement Barcelone où il professe les langues anciennes, et défend la Catalogne. Dès janvier, il passe la frontière avec Machado, et parvient jusqu’à Bierville où il s’arrête, près de Boissy-la-Rivière, dans l’Essonne. C’est dans ce domaine qu’il commence ses <em>Elégies de Bierville</em>. Cinq, d’abord. D’autres suivront, en Irlande ou à l’Isle-Adam, à Bordeaux, ou à Montpellier. Dans l’exil, en à peine trois ans – de 39 à 41 –, il écrit douze élégies.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Bien sûr, le cadre n’est pas le même que celui de Rilke, à Duino. Pas de promontoire sur la mer, de regard vers l’Océan ou vers les sommets nuageux. Mais le parc d’une propriété, qui d’ailleurs apparaît peu. Juste quelques notes fugitives sur l’allée d’un parc, un chemin, des ramilles, de vivantes eaux, la tendresse des arbres de France. Et pas plus d’allusions non plus à ce qui se passe en Espagne au même moment, ou en France. Aucun écho de la fuite forcée, sur les routes, dans la frayeur. À peine une plainte sur l’exil, ou la peine, ou la détresse.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Mais, par l’effort de la mémoire, hors du lieu, Bierville, où il est – un temps – contraint de s’arrêter, Riba se projette vers la Grèce, reconstruit l’univers solaire qu’il a fréquenté dans les livres. Sounion, Salamine, Delphes, l’Attique. Comme transporté par la pensée, s’échappant de sa vie d’alors pour atteindre à plus haute vie. Alors, alors seulement, Riba peut parler d’une voix sans faiblesse, échapper à ce qui l’écrase. Alors, alors, il peut crier, tutoyer les Anges et les Dieux, se mesurer avec l’Antique, l’essentiel, l’universel.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">L’être, l’histoire, la vie humaine, l’absolue pureté, la mort, le souvenir, le mystère des mots, l’exil, sont emportés dans une langue océane, se déroulant, vague après vague, nuit après nuit, à l’assaut d’un plus sûr refuge. Et tout, dans cette langue, émerveille. L’enchaînement ininterrompu de la pensée se fracassant sur l’hexamètre dactylique, ses silences. La volonté – dans cet élan – de ne pas sombrer, de ne pas s’arrêter au distique élégiaque, de ne pas y même reprendre souffle, mais de briser ou de chevaucher la métrique, pour parler, pour parler encore.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Et pour crier, d’une voix immense, ce qui peut sauver de l’exil, de la peine, de la douleur. Ce qui, seul, nous tient et nous aide : la parole, la poésie. La poésie, toujours présente quand l’Histoire nous brise en deux, nous défait, déroute et nous jette sur les routes du désespoir, ou tente de nous bâillonner. La poésie, comme seul recours, feu fragile, ou – là – incendie de forêts, orage, ou ivresse, pour surnager dans le naufrage d’une vie, quand la vie s’écroule. Ou pour tenter de voir plus haut, plus avant, plus loin, plus immense, au-delà de nos contingences ou de nos étroites pensées. Dans l’audace d’un cri en vol, ou d’un oiseau, ou d’un nuage. Dans l’Ouvert, aurait dit Rilke, de la « grande réalité ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Ainsi, dans ses <em>Elégies</em>, Rilke ouvre-t-il un rempart sur la mémoire et sur la nuit, et Riba sur le feu du ciel. Sur la lumière.</span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-9262-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-9262-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
<div class="ssba">
<div style="text-align:right"><a class="ssba_facebook_share" href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=https://cahiercritiquedepoesie.fr/tag/carles-riba-2/feed"  target="_blank" ><img src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/wp-content/plugins/simple-share-buttons-adder/buttons/somacro/facebook.png" title="Facebook" class="ssba" alt="Share on Facebook" /></a><a class="ssba_twitter_share" href="http://twitter.com/share?url=https://cahiercritiquedepoesie.fr/tag/carles-riba-2/feed&amp;text=Carles+Riba+%3A+%3Ci%3E%C3%89l%C3%A9gies+de+Bierville%3C%2Fi%3E+"  target="_blank" ><img src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/wp-content/plugins/simple-share-buttons-adder/buttons/somacro/twitter.png" title="Twitter" class="ssba" alt="Tweet about this on Twitter" /></a><a class='ssba_pinterest_share' href='javascript:void((function()%7Bvar%20e=document.createElement(&apos;script&apos;);e.setAttribute(&apos;type&apos;,&apos;text/javascript&apos;);e.setAttribute(&apos;charset&apos;,&apos;UTF-8&apos;);e.setAttribute(&apos;src&apos;,&apos;//assets.pinterest.com/js/pinmarklet.js?r=&apos;+Math.random()*99999999);document.body.appendChild(e)%7D)());'><img src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/wp-content/plugins/simple-share-buttons-adder/buttons/somacro/pinterest.png" title="Pinterest" class="ssba" alt="Pin on Pinterest" /></a><a class="ssba_tumblr_share" href="http://www.tumblr.com/share/link?url=cahiercritiquedepoesie.fr/tag/carles-riba-2/feed&amp;name=Carles Riba : <i>Élégies de Bierville</i>"  target="_blank" ><img src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/wp-content/plugins/simple-share-buttons-adder/buttons/somacro/tumblr.png" title="tumblr" class="ssba" alt="Share on Tumblr" /></a><a class="ssba_email_share" href="mailto:?Subject=Carles Riba : <i>Élégies de Bierville</i>&amp;Body=%20https://cahiercritiquedepoesie.fr/tag/carles-riba-2/feed"><img src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/wp-content/plugins/simple-share-buttons-adder/buttons/somacro/email.png" title="Email" class="ssba" alt="Email this to someone" /></a></div>
</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-9262-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-9262-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left">Traduit du catalan par Jean-Claude Morera<br />
<a href="http://www.arfuyen.fr/">Arfuyen</a><br />
« Neige »<br />
96 p., 13,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-9262-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/34-2/TRAVAUX-riba.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-9262-0-2-2">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. Rilke : <i>Les Elégies de Duino</i>, traduction et postface de Philippe Jaccottet, La Dogana, 2008, p. 9.</p></div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://cahiercritiquedepoesie.fr/ccp-34-2/carles-riba-elegies-de-bierville/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
