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	<title>CCP &#187; Revue des revues</title>
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		<title>Revue des revues</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Aug 2016 00:00:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; par Yves Boudier larevue* Grand format, papier glacé, mise en page stricte, aucun commentaire, des poèmes, des textes, récits, journaux, des reproductions de peintures, des dessins. Une revue qui pourrait sembler austère mais dont la rigueur est tout entière au service des auteurs invités : leurs contributions sont accueillies dans un espace respectueux des formes &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7238-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7238-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7238-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7238-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Yves Boudier</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7238-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>larevue*<br />
</em></strong></span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-4/BOUDIER-RdR-1-larevue.jpg" alt="couverture" width="185" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Grand format, papier glacé, mise en page stricte, aucun commentaire, des poèmes, des textes, récits, journaux, des reproductions de peintures, des dessins. Une revue qui pourrait sembler austère mais dont la rigueur est tout entière au service des auteurs invités : leurs contributions sont accueillies dans un espace respectueux des formes choisies et, à la lecture croisée des différentes œuvres, une belle chaleur point, qui transcende le seul support. Quinze auteurs se partagent l’ensemble, chacun disposant d’un espace raisonnable qui invite le lecteur à vraiment entrer dans un temps de lecture et de perception intime des textes et œuvres proposés. Par exemple, le <em>Journal 2011</em> de Gérard Pesson se déploie sur quelque vingt pages et emporte l’adhésion du lecteur à cette forme souvent morcelée qui s’abîme trop souvent dans une lecture elle-même papillonnante. Tel n’est pas le cas ici, comme en témoigne par ailleurs la proposition bilingue de David Mus (<em>Directives sur / on Rome</em>, pages inédites écrites en 1984) qui joue subtilement du français et de l’anglais mis en vis-à-vis dans une relation qui n’est pas seulement traduction mais parcours complémentaire d’un objet en quête de lui-même dans ce pli d’une écriture double. Ou bien encore le travail de Daniel Cabanis (<em>Incendies de divers bazars</em>) qui, non sans un humour noir ravageur, questionne avec une écriture mimant celle des médias, notre rapport au monde urbain dans ses déclinaisons institutionnelles et commerciales, de l’hypermarché au centre hospitalier, au gymnase, au cinéma, au musée d’art, jusqu’au parc d’attraction. Du côté du poème, même plaisir de lire des extraits de grande puissance, Elena Andreyev, Rémi Froger, Claude Favre, Petr Král, Henri Droguet. <em>Une si petite remorque</em>, texte de Pascal Commère, commence par l’évocation de sa manie d’amasser, « de rien ou de si peu », histoire de « (s)’attacher aux choses ». Ces mots pourraient très bien convenir pour qualifier cette revue dans laquelle on peut lire ce propos d’un critique littéraire allemand à qui un journaliste demandait ce qu’est un écrivain : « Quelqu’un pour qui l’écriture est plus difficile que pour les autres ». Dont acte. Dans <em>larevue</em>*, on mesure la pertinence de cette réponse, où le poème, au sens large, gagne sa liberté et sa profondeur pour l’Autre lecteur que nous sommes, le regard posé lentement et longuement sur les dessins de Gilles Du Bouchet et les cinq peintures de Jean-Louis Gerbaud.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Muscle</em></strong><br />
</span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-4/BOUDIER-RdR-2-muscle.jpg" alt="couverture" width="185" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Un rectangle de 10,7 sur 14,8 cm. Couverture verte cette fois. Se déplie en un leporello de 6 pages de deux poèmes, l’un de Ben Lerner, « Répertoire des thèmes », l’autre de Hugo Pernet « Plainte ». L’ensemble peut se poser sur la table, il tient debout et offre une lecture quasi murale. On imagine s’installer dans le carré ou le triangle ainsi formés et l’on se surprend à jouer des plis, ouvrir, étirer, refermer, et « la dernière strophe s’adresse / à ceux qui n’ont rien compris ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em> </em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Europe<br />
</em></strong></span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-4/BOUDIER-RdR-3-Europe.jpg" alt="couverture" width="185" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Consacré à Henri (Heinrich) Heine et Nelly Sachs, un important volume dans l’heureuse et sérieuse tradition de cette revue de référence. Parmi les différentes contributions concernant Heine, on reconnaît les signatures de Laurent Margantin, Georges-Arthur Goldsmith, Theodor W. Adorno ou Thomas Mann, dont nous pouvons lire deux courts mais saisissants textes écrits en 1893 (il a alors dix-huit ans) et en 1908 sur « ce juif artiste parmi les Allemands ». Au cœur du dossier figurent plusieurs poèmes de Heine, « Le voyage de la vie » (1843), « Les tisserands de Silésie » (1844), « Le bateau négrier » (1853-54) et « Une nuit d’été… » publiés dans <em>Poèmes tardifs</em> (Cerf, 2003) dont les traductions, pour les deux derniers, ont été revues pour ce dossier par Nicole Taubes : « Ô mort ! Ô silence, ô toi sépulture, / Vous seuls dispensez la vraie volupté ; / Désirs et passions jamais assouvis / Sont les seuls bienfaits de l’épaisse vie ! » Coïncidence de dates, Heine meurt l’année où naît Freud, 1856. Jacques Le Rider explique en quoi Heine, « incarnation de la marginalité existentielle du Juif allemand » fut un « enjeu particulièrement brûlant dans la Vienne de Freud ». Volker Braun, lauréat du prix Heine en 1971, (rappelons qu’il fut créé par la RDA en 1956 pour le centenaire de sa mort), ironise sur la censure dont il fut lui-même victime en 1972 à propos de Heine. Jean-Pierre Lefebvre, dans un entretien avec Laurent Margantin, explique la relation de Heine, élève de Hegel à Berlin, avec la philosophie et l’histoire, sa sensibilité à l’œuvre de Spinoza, en particulier sur la question de la « réhabilitation de la chair ».<br />
Nelly Sachs nous apparaît page 158 grâce à une émouvante photo non datée d’Anna Riwkin. Le regard légèrement levé, comme se posant derrière nous, en tranquille alerte sur l’incertitude de l’avenir. « Nous sommes (…) affectés de vivre sur terre et d’avoir pour tâche, pour terrible tâche, d’assumer la souffrance et de traverser de douleur et d’amour cet astre, jusqu’à le rendre transparent, traversé par nos dits et non-dits – cette écriture cryptée par laquelle nous rendons lisible (…) un univers invisible », déclare-t-elle en 1960 à l’occasion de la remise du prix Annette Von Droste-Hülshoff à Meersburg. Saluée dans la deuxième moitié des années cinquante par Paul Celan, Ingeborg Bachmann et Hans Magnus Enzensberger, l’apatride Nelly Sachs, exilée à Stockholm depuis 1939, prit la citoyenneté suédoise en 1952. Elle ne revit furtivement Berlin, sa ville natale, qu’en 1965, obtint le Nobel en 1966, s’éteignit à Stockholm en 1970. L’entretien avec Mireille Gansel, à qui l’on doit la traduction de l’œuvre poétique de Nelly Sachs chez Verdier (1999-2002-2005) ainsi que celle de sa correspondance avec Paul Celan (Belin, 1999), est d’une grande précision sur les enjeux de la traduction, de la nécessité « de rendre perceptible, dans le corps de la langue, ce que l’autre langue nous dit », comme le souligne Barbara Agnese. Par ailleurs, Lucie Taïeb établit un lien subtil entre l’œuvre de Nelly Sachs et celle de Paul Klee, peintre d’un « monde où le désastre n’a pas encore eu lieu ». Quelle consolation cherchait-elle dans ces toiles apaisées, « là où le parfum du santal / déjà plane sans bois, / où le souffle continue de construire en cet espace / qui n’est que de seuils franchis / (…) ci-gît mon ombre / main de la nuit, // qui avec l’esprit de traque du chasseur noir / a tiré / sur l’oiseau rouge du sang ».<br />
Suivent les habituelles chroniques, en particulier celle d’Olivier Barbarant consacrée à Titos Patrikios, <em>Les gisements du temps</em>. Sans oublier les quelque quarante pages de <em>Notes de lecture</em>, indispensables.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>N 47</em></strong></span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-4/BOUDIER-RdR-4.jpg" alt="couverture" width="185" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">S’ouvrant avec un poème d’Ashraf Fayad, extrait d’<em>Instructions</em> de <em>l’intérieur</em>, publié en 2007, la revue manifeste son soutien au poète palestinien condamné à la prison et au fouet pour « apostasie » par la justice du Royaume d’Arabie Saoudite. Elle se divise ensuite en plusieurs temps : <em>Pleins formats</em> accueillent Myriam Eck, Marcel Migozzi et Michel Thion, <em>Plurielles</em> invitent quelque quinze poètes, large éventail d’écritures nouvelles et en recherche d’elles-mêmes. <em>Sentiers</em> convient les auteurs à faire partager leur réflexion, cette fois sur le thème <em>Le blanc et / ou le silence dans le poème</em>. Ainsi Matthieu Gosztola, Ludovic Degroote, Antonio Rodriguez, Serge Ritman (Salut Martin !), Jean-Patrice Courtois, James Sacré et Christian Vogels traversent-ils les œuvres de Mallarmé, Reverdy, Antoine Emaz ou André du Bouchet ; ainsi tangentent-ils Martin Heidegger, Georges Didi-Huberman, Jean-Luc Nancy ou Jacques Rancière, en dialogue avec leurs propres poèmes, allant du blanc absence, écriture du silence, au blanc morphologique des mots, à l’espace laissé entre les vers, à l’entour de la marge et du poème. Puis, les notes de lecture, parmi lesquelles Sereine Berlottier pour son magnifique <em>Louis sous la terre</em> (Argol, 2015).</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Lignes</em></strong></span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-4/BOUDIER-RdR-5-lignes.jpg" alt="couverture" width="185" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Introduit par un éditorial qui avance plusieurs pistes de réflexion sur les récents attentats pour cerner la question « de départ » à laquelle les contributions de ce numéro tentent des réponses, cet ensemble de treize articles s’ouvre avec Jean-Luc Nancy pour se refermer avec Georges Didi-Huberman. « Une césure opérante semble se dégager : ce serait selon que le capitalisme est premier ou second dans l’analyse, que s’établiraient les pensées et se distribueraient les déclarations ». Telle se formule l’hypothèse sur laquelle se fonde ce travail collectif. Les rapports de force aujourd’hui ne sont-ils pas en train de changer « au point que penser selon les termes des puissances respectives du capitalisme et de son opposition ne suffit plus » ? Quelque chose d’autre « émerge qui ravage des territoires entiers, y répandant la terreur, qui n’est sans doute pas moins hostile à l’anticapitalisme qu’au capitalisme lui-même ». Ne serait-on pas face à « une variante (contemporaine) du fascisme » ? Le parcours s’effectue par déconstructions puis propositions conceptuelles autour des notions de « commun », « révolution du sens et mutation de civilisation », « injonction au jouir et passion ascétique identitaire », « islamisme politique radical et irréligion révolutionnaire », « antiterrorisme et libertés », « respect ou non d’une prétendue sacralité », « conflit identitaire, laïcité et reconnaissance de la différence », jusqu’au retour de la question du sujet au plus intime d’une identité déniée et d’un corps meurtri qui appellent un « soulèvement », au sens le plus fort, le plus émouvant, comme on le ressent dans les pages consacrées à Simon Fieschi par Georges Didi-Huberman, l’une des victimes, cependant vivante, de l’attentat contre <em>Charlie Hebdo</em> du 7 janvier 2015. Elles suivent la réflexion critique de Francis Cohen sur « Le nom juif, le verbe juif » ; il fait siens les propos de Marcel Duchamp « qui n’offre pas de réponse à la question juive, parce qu’elle est au cœur du sujet de la parole ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Mots Slow</em></strong></span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-4/BOUDIER-RdR-6-motsSlow.jpg" alt="couverture" width="185" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Cette revue récente, fondée par Jérôme Karsenti et publiée par Hand Art Publisher, paraît chaque année un jour avant l’édition précédente. Le premier numéro est ainsi sorti le 1er décembre 2013, le deuxième le 30 novembre 2014, et l’on sait qu’il n’y aura « que 364 <em>Mots Slow</em>, la dernière parution étant prévue le 30 novembre 2358. (…) Chaque numéro est conçu comme une œuvre collective où effets plastiques et d’écritures se conjuguent à travers la participation d’artistes, de scientifiques et de littéraires. La revue est imprimée sur un format papier 110 gr, recto verso, 70 x 100 cm, que l’on pourra plier au format 21 x 30 cm de sorte à sélectionner « l’article », l’œuvre de son choix, ou à les juxtaposer. Le poster sera susceptible alors d’être encadré. Le graphisme est modifié à chaque numéro, en fonction du thème choisi. La revue est un espace fantaisiste, « fontaine où les grotesques regardant leurs reflets ondulés se trouvent apprêtés ». Nous voici informés sur le projet et son impensable et joyeuse pérennité. Dix-sept intervenants pour cette livraison, inventive et respectueuse des préceptes énoncés plus haut. L’intelligence du dispositif, au sens le plus concret, offre des manières de lectures, de perception des propositions graphiques très excitantes. Rapidement, on se perd dans ces plis selon plis, et cherchant des liens, tentant de trouver le dépliement idoine, on est surpris par le surgissement du texte et de l’image. C’est un jeu simple et à la fois complexe qui instaure une modalité polymorphe de lecture(s), de captation du sens plus encore.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>La Revue des revues</em></strong></span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-4/BOUDIER-RdR-7-laRevuedesRevues.jpg" alt="couverture" width="185" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Selon Emmanuel Laugier, publier en revue « appelle autant un relativisme certain par rapport à soi, qu’une volonté d’affirmation que l’on se voudrait reconnaître ». Ce double sentiment serait dû au fait que la revue « désindividualise la lecture » et promeut une « lecture articulaire », pour reprendre les termes de Michèle Cohen-Halimi. Cette schize entre « le sujet de l’autorité (l’auteur) et ce qu’il donne à lire » offre à la lecture un statut particulier, celui de placer l’auteur face à la mémoire de la langue avec la création renouvelée qu’une publication en revue tente d’incarner. Cette réinvention de la « passion de la transitivité » propre à la publication en revue est d’importance.<br />
En témoigne quasiment l’ensemble de ce numéro 53 qui présente un très important dossier, « Des amis et des savants. Une enquête sur les publications des sociétés littéraires » signé par Guillaume Louet, ces revues et bulletins d’amis d’auteurs qui luttent contre l’entre-soi des sociétés secrètes et élargissent la communauté des lecteurs savants. Depuis 1794, avec l’apparition d’un nom d’auteur, J.-J. Rousseau en l’occurrence, dans l’intitulé d’une société littéraire, en passant par une fin dix-neuvième prolixe et les années de l’entre-deux guerres, c’est véritablement à partir des années cinquante que se crée un très grand nombre de ces publications. Lautréamont, J-K. Huysmans, Gide, Claudel, Giono, Paulhan, Romain Rolland, Giraudoux, Colette, Valéry, Jules Romain, Bloy, Bernanos, Péguy, Buzzatti, puis Max Jacob, Henri Bosco, Robert Margerit, Benjamin Fondane, Rémi de Gourmont, Jean Prévost, Claude Simon, Benjamin Péret et Louis Calaferte… font l’objet d’études et de publications régulières, universitaires et le plus souvent amicales. Vivier pour les curieux et les spécialistes, ces bulletins constituent un trésor où des recherches se mènent, des thèses s’inventent.<br />
À signaler par ailleurs l’hommage sensible rendu à Charles Dobzinski par Pascal Boulanger, à sa lucidité et à son courage politique dans les années grises du stalinisme ; l’entretien avec Philippe Lejeune sur sa revue consacrée à l’autobiographie <em>La Faute à Rousseau</em>, celui des <em>Confessions</em> bien sûr ; ou l’intéressante chronique de Sylvie Mokhtari à propos de l’ouvrage de Fabienne Dumont, <em>Des sorcières comme les autres. Artistes et féministes dans la France des années 1970</em> (PuR, 2014), une étude fondée sur un corpus important de revues d’art. Saluer enfin la création d’une nouvelle revue, <em>Incise</em>, qui, depuis le théâtre, souhaite interroger notre époque : « qu’est-ce qu’un lieu ? », métaphore de la question politique et affirmation de la « nécessité de la chose commune ».</span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7238-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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<em>*des arts du langage, et quelques autres</em><br />
N° 3<br />
Julien Nègre Éditeur<br />
144 p., 12,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7238-0-2-1"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://revuemuscle.tumblr.com/"><strong>Muscle</strong></a><br />
N° 8<br />
8 p., 3,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7238-0-2-2"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.europe-revue.net/"><strong>Europe</strong></a><br />
N° 1036-1037<br />
« Henri Heine / Nelly Sachs »<br />
350 p., 20,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7238-0-2-3"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.entrevues.org/revues/7660-2/"><strong>N 47</strong></a><br />
N° 29<br />
112 p., 15,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7238-0-2-4"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="https://www.editions-lignes.com/"><strong>Lignes</strong></a><br />
N° 48<br />
« Les attentats, la pensée »<br />
224 p., 20,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7238-0-2-5"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://handartpublisher.bigcartel.com/news"><strong>Mots Slow</strong></a><br />
N° 3<br />
« # Up&amp;Down »<br />
Hand Art Publisher<br />
Douze double pages pliées, numérotées, 25,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-last-child" id="panel-7238-0-2-6"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.entrevues.org/"><strong>La Revue des revues</strong></a><br />
N° 53<br />
Ent’revues<br />
148 p., 15,50 €</div>
</div></div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Revue des revues</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2015 12:07:32 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; par Yves Boudier Exemple Pour tout lecteur préoccupé par la réflexion actuelle sur le « commun », ce numéro constitue, une référence incontournable. En effet, sous différentes déclinaisons et avec un sens aigu de la réflexivité, en questionnant l’apport de mouvements tels Occupy récemment outre atlantique, celui des ZAD, ou l’exemple donné ces dernières années par les &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-3667-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-3667-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-3667-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-3667-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Yves Boudier </b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Exemple</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Pour tout lecteur préoccupé par la réflexion actuelle sur le « commun », ce numéro constitue, une référence incontournable. En effet, sous différentes déclinaisons et avec un sens aigu de la réflexivité, en questionnant l’apport de mouvements tels <em>Occupy</em> récemment outre atlantique, celui des ZAD, ou l’exemple donné ces dernières années par les luttes arabes, la revue offre une qualité interrogative et une audace de pensée qui réjouissent dans notre contexte culturel et politique plutôt morose. Comment occuper un espace, lotir par la pensée et les actes un lieu, comment inventer des voies / voix permettant « de rendre intelligible la vie de la cité (…) et de renouer avec l’affirmation que l’esthétique est toujours politique » (Sophie Wahnich) ? Comment penser les intitulés avec lesquels la culture, la littérature se définissent et se dispersent, <em>poésie</em> et <em>politique</em> instruisant ce « pari conjonctif » où la pratique du poème « diagonalise et subtilise la langue de la politique » (Benoît Casas) ? Les réponses à ce réseau de questions prennent forme de poème (Nanni Balestrini, vingt-trois quatrains incisifs sur « les années de plomb et les années de merde »), ou celle d’un entretien avec Danielle Rancière et Jacques Rancière au terme duquel, lorsque l’on sait que « la littérature déclare et rend manifeste cet écart entre le savoir et l’action », un nécessaire réalisme des pratiques semble indispensable car « il faut tenir à la fois l’idée que la pensée produit des déplacements qui ont un poids et en même temps qu’elle ne remplacera jamais l’action politique proprement dite ». <em>Exemple</em> assume l’assemblage quelque peu mais intentionnellement hétéroclite des paroles et des propos tenus dans ces quelque cent dix pages, désirant « qu’il nourrisse les certitudes les plus tranchées (…) qui permettent de tisser une <em>alliance </em>» : terme engageant s’il en est, thème-clef de ce numéro incandescent et utile.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>La feuille</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Offerte par les Éditions disdill, cette <em>feuille</em> n° 2 se déplie en trois temps pour donner à lire deux pleines pages, l’une consacrée à des extraits de <em>La route de cinq pieds</em>, un poème de Michèle Métail qui interroge par son choix formel la tension entre « culture lettrée et Chine contemporaine ». Sinologue émérite, elle tient ici une forme de journal du quotidien consigné en une série très rigoureuse de vers de cinq pieds distribués en plusieurs milliers de micro séquences numérotées. D’une lisibilité parfaite, toutefois. L’autre page, revers ou avers au choix, est occupée par Jean-René Lassalle. Il transpose sous nos yeux les tons de la langue chinoise dans un sino-français lui aussi monosyllabique. Quatre modes de lecture, un pli selon pli renouvelé : de l’idéogramme chinois à son écriture alphabétique, puis du mot traduit à l’écriture du poème <em>Gare jaune, Huáng zhàn</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Dézopilant</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Voici une feuille de poésie qui a le privilège de colporter des textes, de jouer avec les cadres de lecture, entre nos mains par on ne sait quelle magie, toute de couleur bleu revêtue pour cette 19<sup>e</sup> livraison, pliable et dépliable, en deux, en quatre, en huit ou selon l’accroche textuelle d’une lettrine, la séduction graphique d’un texte, d’une signature qui donne un nom ami, une référence ou son contraire, un poème qui pousse vers un autre, cet autre toujours à l’orée d’un ultime repli qui n’est jamais le dernier possible. Inattendue et paradoxale, soutenue par les éditions du Mercure de France, elle accueille en un vrac joyeux Butor, Deguy, Royet-Journoud, Messagier, Suel, Piskurski, Bonnefoy, Pennequin, Roubaud, Fourcade, Samarski… et tente une percée : qu’est-ce qu’être contemporain du <em>poïen </em>? Autant de traces, de réponses, si on les prend pour telles, d’interrogations entre joie et provocation. Lisez, songez, et… c’est (re)plié.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>série z</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Plaisir de recevoir un courrier, format enveloppe classique, tel qu’il se fait de plus en rare en ce temps dématérialisé. Élégamment recueillis sur un beau bristol, quatre leporellos de quatre plis recto-verso, quatre auteurs, quatre propositions unies par leurs subtiles différences formelles et une émotion partagée. Sans une thématique unique, la co-présence de voix singulières dans un espace intime de lecture les rapproche et étonnamment laisse paraître comment des différences d’écriture instruisent en creux un commun d’émotion. Arno Bertina, Anne Kawala, Stéphane Bouquet et Fabienne Raphoz voisinent et entrent ainsi, à leur corps (écrit) défendant, en conversation. Prose, note, croquis, poème suscitent une attention d’autant plus vive et heureuse que le format proposé appelle à une simple et belle concentration.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Rodéo</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">La revue a « tout simplement » posé la question suivante à 80 personnes : « Qu’appelleriez-vous danser ? » Elle a reçu 41 réponses. Une moitié plus une, et l’on peut tenter de chercher cette page qui fait bascule, qui fait danser l’ensemble. Chacun la trouvera à son pas, à son rythme. De la réponse philosophique teintée de spinozisme, « danser, c’est être en mouvement, reconfigurer ce qui nous entoure, s’en trouver soi-même modifié, c’est l’ouverture des possibles, l’allégresse par le chatouillement, l’acquisition de nouvelles aptitudes » (Julie Henry), en passant par le conditionnel interrogatif d’une retrouvaille possible dans la danse d’un je, d’un tu, d’un nous choral, disséminés dans un espace où « ils se retrouvent, se cherchent, se perdent et se dispersent » (Jean-Christophe Bailly), puis par les réponses graphiques d’artistes danseurs, de comédiens, de chanteurs, par celles des poètes, « C’est fatigant / cette organisation érectile des choses de la vie » (Caroline Tuut), par celles des performeurs « Capelle riez vous dansez ! / Chapelle riez ! Vous dansez / cape ailée vous danser cap hellée, maquillées ! », vous vous arrêterez peut-être sur cette plage de silence et de mouvements tenus : « J’appelle danser ce qui manque » (Frédéric Pouillaude). Vaste enquête, en contretemps heureux de laquelle une série de photographies particulièrement bien reproduites, <em>Empty stages</em>, de Tim Etchells et Hugo Glendinning offrent en présence des espaces scéniques en attente, pourquoi pas, de danseurs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Riveneuve Continents / Exils et migrations ibériques au XX<sup>e</sup> siècle</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Deux revues s’associent en ce numéro, l’une portant les travaux du Centre d’Études et de Recherches sur les Migrations Ibériques (CÉRMI) et du Centre de Recherches Ibériques et Ibéro-américaines (CRIIA) de l’Université Paris-Ouest Nanterre, l’autre témoignant des traces artistiques et culturelles laissées en France par l’exil républicain espagnol. Au-delà des rappels historiques de sinistre mémoire, de la définition même du terme « exilé » en se référant à des artistes, Geneviève Dreyfus-Armand, Dolores Fernández Martínez et Juan Manuel Bonet présentent, à travers un ensemble de douze contributions, études et entretiens, les multiples aspects de cet « art en exil ». Peintres, sculpteurs, dessinateurs de presse et de BD, musiciens, scénographes, photographes, cinéastes, architectes et dramaturges se partagent ces quelque trois cents pages au cœur desquelles figurent deux cahiers documentaires contenant photographies d’auteurs, reproductions de tableaux, de sculptures et de dessins. Exilés et réfugiés politiques, si certains nous sont connus, tels Picasso, Pau Casals, Carlos Pradal ou Baltasar Lobo, ceux dont nous découvrons l’ampleur et la qualité du travail, moins célèbres certes, méritent de prendre toute la place qui leur revient dans nos cultures partagées. Souffrances de l’exil, des camps de concentration, des errances et des solidarités sur lesquelles il fallut parier un avenir incertain, nous lisons là, au plus précis des exemples et des références donnés, combien l’attachement le plus profond au geste artistique, quel qu’il soit, donne force et vigueur à ces artistes en conversation avec la douleur, quand ce n’était pas avec la mort rampante, pour s’inventer un nouvel avenir. « Elle s’est trompée, la colombe, / Elle se trompait. / Allant au nord, alla au sud. / Elle crut que le blé était de l’eau. (…) Elle, sur la rive s’endormit. / Toi, sur le haut d’une branche. » (Rafael Alberti).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>La Seiche</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Six numéros publiés, et la revue se pose des questions sur la cohérence du parcours accompli, affirmant sa volonté de bouger les cadres, son « furieux besoin de décloisonner ». Convaincue que la modernité ne gît plus dans la destruction ou dans l’ascétisme de l’art conceptuel, elle choisit la voie de l’adhésion critique. Rassembler des écritures qui ne se rencontrent habituellement pas, rapprocher des continents esthétiques en ruptures, voilà sa stratégie et son principe d’aujourd’hui, et l’on s’en réjouit à la lecture de ce numéro d’automne. Une parole singulière traverse tous les textes et poèmes, qu’elle soit <em>je</em> ou <em>tu</em>, multiple ou solitaire, solipsiste ou partagée. Ainsi voisinent dans l’inattendu de ces rencontres, par exemple, Victor Blanc et des collages de Julien Blaine, Charles Pennequin et les poèmes ou les photographies de Franck Delorieux, Édith Azam et Lionel Jung-Allégret, l’écriture manuscrite d’Amina Damerdji et Marius Loris, en presque connivence.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Vacarme</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Au centre de ce numéro, qui pose dans un ensemble nommé <em>Indéchiffrables</em>, une question de poids : « Que devient la politique lorsque les individus eux-mêmes deviennent indéchiffrables et se soustraient aux appareils de contrôle qui structurent leurs vies ? », on lira, en marge et en lien avec cette thématique, la reprise de la communication que fit Jean-Christophe Bailly au Banquet du Livre et des Générations de Lagrasse en août 2014, <em>« Nous », ne nous entoure pas</em>, un texte d’importance et au cœur des questions qui nous traversent depuis les événements de janvier dernier. Plus que prémonitoires, ces lignes soulignent le fait que la réflexion sur le thème du « commun » reste au plus vif de notre pensée et de nos actes, en particulier quand le politique vient les interroger et les soumettre à sa violence. Dépassant en toute analyse et lucidité la définition que Benveniste [1966] donna du <em>nous</em>, « globalité indistincte d’autres personnes » en démontrant que ce pluriel qui ne pluralise pas un <em>je</em> ne renvoie pas à une multiplication d’objets identiques, Jean Christophe Bailly avance le concept de <em>nostrations</em> pour tenter de définir ces éphémères formations que ce pronom incarne sous les formes variées d’adjonctions telles « nous deux », « nous autres », « nous tous », « nous tous ici », insistant sur la dimension dynamique qu’il convient d’ajouter à ces insularités destinales ou singulières des sujets que nous sommes dans l’Histoire. Pour lutter contre un principe de fermeture et d’assignation propre à toutes les religions, Jean-Christophe Bailly réaffirme ce qu’il nomme alors « le temps de la sortie », ce saut hors du <em>nous</em> que peut faire le <em>je</em>, doué de conscience critique, à tout moment. L’espace de ce déploiement constituerait alors un <em>nous</em> extensible et ouvert, riche de toutes ces <em>nostrations</em> à la recherche d’un espace politique ouvert, non encore construit. L’ombre de Novalis éclaire ces pages lucides.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Puis, une autre saisie dans ce numéro de grande densité : <em>wsc-bruzignol Bvbilotékére</em>, un poème d’Oskar Pastior, extrait de <em>Der krimgotische Fächer</em>, publié en 1978, jeu de langues concaténées dans des mots-valises, propulsées dans un espace d’écriture hors de tous cadres sémantiques. Une manière elle aussi, d’échapper à la norme, à la surveillance généralisée ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Midi</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Émotion rare de lire les lettres [1957-60], les excuses plutôt, que Pierre (Charles) Jean Jouve adressa à son amie Suzanne Tézenas [1898-1991], personnalité du monde de la culture qui tint à partir des années 30 et jusque dans les années 80 l’un des derniers Salons littéraires parisiens. Excuses de ne pouvoir se rendre à différentes soirées concert, de ne pouvoir écouter le jeune Boulez, ou de participer à ces moments offerts par le Domaine musical, fondé par son attentive correspondante. Fatigues, maladies, traductions, souci de l’écriture, séjours à Sils-Maria dans la froide Engadine, passages de frontières… comment donner corps au désir de rejoindre l’appartement parisien de la rue Octave Feuillet ou plus intimement la villa de Veyrier du Lac en Haute-Savoie, où se retrouvaient, entre autres amis musiciens, peintres et poètes de Suzanne Tézenas, Eugène Ionesco, Roger Caillois, Jean Paulhan, Georges Schehadé, Otavio Paz, André et Bona Pieyre de Mandiargues, ou Guy Dumur dont la revue offre ici quelques cartes postales new-yorkaises (1955) qui témoignent quant à elles de sa distance avec les Américains : « On vit entouré d’esprits enfantins (…) Tout ce que l’on fait ici est parfaitement inutile (…) Beaucoup de conférences, très abrutissantes (…) Pays stupide ! » Seule la ville de New York trouva grâce à ses yeux. Pour compléter ce numéro dédié à la mémoire de Suzanne Trézenas, poètes et artistes sont rassemblés en un cahier de presque cent pages par Françoise Thieck, et ce dans une heureuse diversité allant d’Yves de Bayser à Jeanine Salesse ou Theo Léger, d’Assia Lassaigne à Jérôme Duwa ou Sandra Kays.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Gruppen</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Inscrite fortement dans le paysage revuiste depuis cinq ans, la revue « dénonce l’indigence de certaines aventures monomaniaques et soutient la qualité d’un travail critique en rétablissant les liens indéfectibles et nécessaires qui unissent les différents domaines de création. »  Dont acte, et le parcours effectué à ce jour en témoigne vigoureusement. Musiciens, musicologues, philosophes, cinéastes, plasticiens partagent leurs réflexions, mais elles-mêmes questionnées, voire déroutées ou contredites par les poètes. Ainsi, dans ce numéro, Serge Pey : « La vraie vérité / est celle qui trompe la vérité / à laquelle tout le monde croit », Charles Pennequin : « J’aurais pas dû parler de ça ici. Ça fait toujours mauvais effet », et Laurent Jarfer : « Il y a toujours trop de langue sous la phrase pour qu’elle ne tombe pas comme au milieu d’elle-même », tous trois réaffirment l’acharnement du poétique à ne jamais se trouver là où la langue l’attend, où les formes se répètent et s’oublient. Peut-être sont-ils ainsi plus proches du geste du photographe qui cadre, c’est-à-dire scarifie dans une matière dont l’image obtenue donne à comprendre l’indéterminé d’où elle provient, l’invisible d’un excès de présence du réel ? Esther Vonplon confirme en l’occurrence cette hypothèse avec une série photographiée en Pologne durant l’été 2009 : <em>Und in der Nähe die See</em>. À la fois discrète et sensiblement banale – et ce n’est de ma part aucunement un reproche – voici en quatre pages la saisie d’espaces d’une grande neutralité, mais qui renvoient pour autant à l’expérience la plus intime de notre regard sur la nature et les choses du monde. Et ne pas refermer ce volume sans lire le texte <em>Capitalism + Dope = Genocide</em>, écrit par Michael « Cetewayo » Tabor [1946-2010] durant ses années de détention en tant que Political Prisoner, NY 21, car membre du Black Panther Party. Les récents événements de Baltimore nous ramènent à cette histoire terrible dont la société américaine n’est toujours pas sortie, ce que l’on comprend mieux encore lorsque l’on apprend, sous cette plume de fer et de sang, que la preuve est patente « que la toxicomanie est le symptôme monstrueux d’une tumeur maligne qui ravage le tissu social de ce système capitaliste. »</span>

<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Poésie / première</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Concentrer son attention et sa lecture sur le dossier de ce numéro, <em>Poésie sans frontières</em>, avec un poète tunisien francophone, Moëz Majed, un espagnol, Javier Vicedo Alós, et deux femmes, l’une belge de Wallonie, Béatrice Libert et l’anglaise Kathleen Raine [1908-2003]. De l’insurrection du poème, « Et vivre toute une vie dans un poème inachevé » (M. Majed), à la tentation du silence, « Nous noierons la voix dans des jours blancs / et nous n’aurons rien dit » (J.V. Alós), la conviction poétique de B. Libert : « L’inaccompli des choses / Et nous cousons leur pli » s’inscrit dans le sillage d’extraits de <em>Living with Mystery</em>, le dernier recueil publié de K. Raine en 1992 : « As unshet tears / That sunlit wall, that corner of a stair. » Poèmes et poètes de tradition classique, dont l’esthétique et les choix d’écritures sont marqués par un usage génitif de thématiques « poétiques » que l’on retrouve à la fois dans les pages consacrées à Jean-Hugues Malineau, (poète pédagogue à qui l’on doit un classique, <em>L’enfant La poésie</em> [1973], où apparut une approche pédagogique novatrice de l’enseignement de la poésie) et dans le dossier <em>Poésie / plurielle</em>, avec Philippe Blondeau ou Lydia Padellec, par exemple.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Mots Slow</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Essentiellement rédigée en anglais, seul le texte d’Hervé Baudry, peut-être parce qu’il fait référence première à Mallarmé, se donne dans notre langue. But, never mind, « You, readers, itinerant bookshops, you are the regulators of our abscissa : ordinate the panes of a luminous rosette on your face, by reading <em>Mots Slow</em> trough the sun. (…) It pleases me that it crosses cities and towns, travels from one hand to the next, from house to house, from bookshop to library and will always necessarily be forgotten somewhere ». Ainsi Jérôme Karsenti présente-t-il cette livraison, <em>Point of no return – Serendipity</em>, sous la forme unique étonnante et superbe d’un seize pages qui se déplie telle une affiche recto verso, face textuelle et face graphique. Est-ce une revue, au sens classique, ou bien le don d’un document sibyllin pour troubler notre adhérence aux mondes que l’on sillonne entre les langues ? Un moment de grand plaisir pour un œil lecteur et plastique, in any case.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Le Chant du Monstre</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Revue de <em>Création littéraire &amp; Curiosités graphiques</em>, « le Monstre hybride hume l’air du temps, s’ouvre à la création mouvante. Le chant alterne entre expérimentation, coup d’éclat et hésitation ». La métaphore du « chaudron de sorcière » s’impose d’entrée pour caractériser les exemples proposés de différentes démarches créatives, « repoussantes et toxiques pour les uns, bienfaisantes pour les autres », en tout cas <em>consolantes</em>, pour reprendre le vocabulaire de Michelet. Organisée en six parties (Affinités électives – Alchimie – Seul contre tous – Ex-qui ? – Cabinet de curiosités – Parce que !), nous lisons dans ces pages le double témoignage d’éditeurs (Cambourakis et Laure Limongi) qui font leurs ces propos tenus naguère par André Schiffrin (<em>L’Édition sans éditeurs</em>, La Fabrique, 1999) : « De plus en plus de livres sont publiés pour leur potentiel commercial supposé et de moins en moins représentent cette part intellectuelle et culturelle que les éditeurs se sentaient l’obligation d’inclure dans leur production » et qui affirment derechef que la « littérature visible » doit être « celle qui avance, agite, se réfléchit et fait réfléchir, celle qui tourmente, et celle qui n’autorise pas la fainéantise. Celle qui résiste. » La revue s’impose à elle-même cette loi d’exigence en rééditant des textes mythiques devenus (presque) introuvables (<em>Neige</em>, d’Anna Kavan, 1901-1968, <em>Jérôme</em>, de Jean-Pierre Martinet, 1944-1993), en redonnant la trace vivante d’auteurs plus récemment disparus (Anne-Marie Albiach, Christophe Tarkos, évoqués sensiblement par Laure Limongi) et en publiant parallèlement des œuvres de création contemporaine, par exemple le travail « en collision » de l’artiste Laurie Bellanca et de l’écrivain Orion Scohy, ou l’écriture singulière d’Andréas Becker à travers ces <em>Fleurs de fer</em>, au terme desquelles, après avoir fait commerce de l’ensemble des parties de son corps, Anne-Sophie de Sainte-Pieuse, une Sans-Papière, en vient à vendre ses « a » (objet <em>petit</em> a ?) « Je s-is, l-issez-moi tr-nquille -vec ç- ; -ucne import-nce l’-ded-ns, -ucune ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">La partie purement graphique est elle aussi d’importance avec l’artiste coréenne Keun Young Park et la dessinatrice japonaise Fuyaka Etsuko. Quant au choix du format de la revue, 29x15cm, il est en l’occurrence parfait pour donner la meilleure place aux <em>Indociles</em>, (p. 76) : « Plutôt la rame qui fend l’eau que la tête de gondole. Le subreptice que le bénéfice. La nécessité que la publicité. Indociles, au pluriel, au multiple. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><strong><em>Le Tigre</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">S’il est déplacé d’employer le terme de « fidélité » à propos du parcours entrepris depuis une dizaine d’années par ce magazine plutôt que revue, on note néanmoins, avec cette livraison, le même esprit d’originalité, de critique implicite des codes de visibilité contemporains, le même goût du détournement, voire de la provocation visuelle et graphique. Est-ce parce que <em>Le Tigre</em> ne tient « compte ni de la notoriété, ni de la formation, ni d’éventuelles recommandations » des contributeurs, n’opérant ses choix que selon « la seule pertinence, dans le cadre tigresque, de l’image ou du texte » proposés, qu’il entretient cette pertinente et belle tonicité ? Trente-sept participants, (aux appellations diversifiées telles <em>Space Project</em> (Vincent Fournier) et <em>Lucha libre</em>, « Por mi pueblo hablará el deporte », (Aurore Valade) pour le Portefolio photographique, <em>Les choses</em> ou <em>Têtes galerie</em>, <em>L’Encyclopédie approximative</em>, <em>L’Horroroscope</em> ou <em>Conjugaison ordinaire</em>, parmi d’autres approches, pour le Magasin), avec au cœur du <em>Tigre</em>, deux « Grands Papiers » : un entretien avec Gilles, brocanteur, où l’on découvre la sagesse d’une grand-mère : « N’est pas beau qui plaît », les conséquences de la maladie de « Diogène » et les arcanes complexes des successions qui appellent au débarras. Puis un reportage à Hénin-Beaumont (Portrait de petite ville – un jour de braderie – avec visite de Marine Le Pen) dont l’épilogue dit, <em>horresco referens</em>, l’essentiel : « Ce jour-là, un homme vendait, parmi un peu de tout, des fossiles et des morceaux de charbon, issus des dernières gaillettes de houille remontées dans le bassin houiller avant la fermeture définitive de la fosse en décembre 90. »</span></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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N° 4<br />
« alliance »<br />
Nous<br />
112 p., 12,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-1-exemple-Rdr.png" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-4"><div class="textwidget"><div align="left"><strong>La feuille</strong><br />
N° 2<br />
Disdill<br />
2 p., offert</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-5">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-2-feuille-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-6">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-7"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://dezopilant.fr/" target="_blank">Dézopilant</a><br />
N° 19<br />
2 p. gratuit</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-8">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-3-dezopilant-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-9">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-10"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://zdeuxpoints.tumblr.com/" target="_blank">série z :</a><br />
3<br />
z deux-points<br />
Quatre cahiers de 8 p. sous couverture, 9,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-11">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-4-z-deuxpoints-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-12">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-13"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.revue-rodeo.fr/" target="_blank">Rodéo</a><br />
N° 3<br />
80 p., 13,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-14">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-5-Rodeo-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-15">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-17"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.riveneuve-editions.com/" target="_blank">Riveneuve Continents</a><br />
N°18 / N°6<br />
Riveneuve éditions<br />
340 p., 20,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-18">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-6-riveneuve-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-22"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="https://revuelaseiche.wordpress.com/" target="_blank">La Seiche</a><br />
N° 6<br />
78 p., 10,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-23">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-7-seiche-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-25"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.vacarme.org/" target="_blank">Vacarme</a><br />
N° 69<br />
258 p., 12,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-26">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-8-vacarme-RdrZZZ.png" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-27">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-30"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.entrevues.org/revues/midi/" target="_blank">Midi</a><br />
N° 42/43<br />
Association Trésors retrouvés<br />
88 p., 20,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-31">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-9-Midi-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-32">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-35"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.revuegruppen.com/" target="_blank">Gruppen</a><br />
n° 9<br />
174 p., 16,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-36">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-10-gruppen-Rdr.png" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-37">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-40"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://poesiepremiere.free.fr/" target="_blank">Poésie / première</a><br />
N° 59<br />
112 p., 15,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-41">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-11-poesiepremiere-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-44"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://handartpublisher.bigcartel.com/product/mots-slow-ii" target="_blank">Mots Slow</a><br />
issue # 2<br />
Hand Art Publishers<br />
16 p., 25,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-45">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-12-motslow-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-48"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.lechantdumonstre.com/" target="_blank">Le Chant du Monstre</a><br />
N° 3<br />
146 p. 15,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-49">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-13-leChantdumonstre-RdrZZ.jpg" alt="couverture" /></a>
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		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-3667-0-2-50">			<div class="textwidget"><p></br><br />
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		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-3667-0-2-54"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.le-tigre.net/" target="_blank">Le Tigre</a><br />
N° 46<br />
68 p., 6,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-3667-0-2-55">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/30-3/BOUDIER-14-Tigre-Rdr.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Revue des revues</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Dec 2014 13:39:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #29-2]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Par Yves Boudier L’Atelier contemporain « Si tu as une bibliothèque qui donne sur un jardin, que peux-tu souhaiter d’autre ? » Depuis cet aphorisme de Cicéron (repris ici par Cristine Guinamand), la traversée des confidences d’une bonne vingtaine de contributions nous laisse dans l’émotion de l’effet profond, décisif, admiratif ou créatif de la &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-1368-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-1368-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-1368-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-1368-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>Par Yves Boudier</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-1368-0-1-1">			<div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>L’Atelier contemporain</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">« Si tu as une bibliothèque qui donne sur un jardin, que peux-tu souhaiter d’autre ? » Depuis cet aphorisme de Cicéron (repris ici par Cristine Guinamand), la traversée des confidences d’une bonne vingtaine de contributions nous laisse dans l’émotion de l’effet profond, décisif, admiratif ou créatif de la lecture dans tous les états du texte (essai, prose ou poésie) sur la réflexion et le travail des artistes. Apport d’une mémoire écrite certes, mais aussi influence intime des liens entre esthétiques de l’écriture et surfaces peintes, gravées, éclairées, « voix parallèles et sœurs en solitude » selon Gérard Titus-Carmel. Puis, en seconde partie de ce beau numéro, au-delà de quatre dossiers remarquables, une autre interrogation non moins pertinente : « <em>Pourquoi écrivez-vous sur l’art ?</em> » à laquelle répondent cinq écrivains hantés par la peinture. « Je n’écris pas sur l’art, mais sur des œuvres qui me touchent » nous confie Alain Lévêque. Une réponse sage et sincère sur la rencontre souvent trop attendue et déceptive entre le texte-commentaire et l’art. L’exigence et la qualité l’emportent dans ces pages partagées.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Balises</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">D’emblée citer l’éditorial de Marc Quaghebeur : « … laisser entrevoir comment la Littérature et l’Art se font violence et font violence dès lors qu’il s’agit de trouver sa propre voie, dans les contradictions de l’Histoire et des dominations culturelles. » Ainsi, à travers aussi bien des fictions que des analyses historiques, le siècle et son tragique sont-ils sillonnés, comme (re)tracés par le poème, le journal, telle page arrachée aux manuscrits de guerre. Du Liban au Rwanda, en traversant le Vietnam ou le Maghreb, le retour vers l’Europe multiplie lui aussi le ravage et les douleurs dans son histoire la plus lointaine et la plus immédiate. En témoignent, par exemple, la contribution de Michel Voiturier, <em>Surgissements de la violence dans le théâtre francophone</em>, celle de Marie Étienne, <em>Massacre à la cité Héraud </em>(extrait), la peinture de Pham Luc, les photographies de Samy Snoussi, le théâtre de Jean-Marie Vianney Kayishema, <em>La vengeance du Roi</em> (extrait) ou la passionnante étude de Kasereka Kavwahirehi sur le dispositif des violences meurtrières en Afrique post-coloniale. Une revue en l’occurrence bien nommée.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Les Carnets d’Eucharis</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Sous la double tutelle de Rimbaud et Fénelon, <em>Eucharis</em> nous offre ces Carnets 2014. Poésie, littérature, photographie, arts plastiques, un terrain de grande mixité créatrice, ouvert de plus à la traduction et au commentaire de haut niveau. Nathalie Riera préface l’ensemble avec ces mots de Saul Bellow : « essayer de vivre avec un cœur civilisé », en évitant toute naïveté ou concession à l’époque, consciente d’offrir un espace ouvert « aux formes et formulations flambant frais ». Depuis un entretien avec Étienne Faure et un portfolio visuel-textuel de seize pages avec les photographies parfaitement reproduites d’Éric Bourret et le texte de François Coadou, on rencontrera plusieurs poèmes de formes variées, de Noémie Parant, Marie de Quatrebarbes, Armelle Leclercq, Aurélie Foglia ou Marie Étienne, parmi un ensemble très tenu ; la conversation croisée de poètes et d’artistes silencieux, par exemple celle de Paul-Louis Rossi, en hommage à la peinture de Véronique Flahaut, pour questionner Kant ; la réflexion mallarméenne de Claude Minière sur la photographie… Et, un cahier de traductions où je me suis longuement arrêté sur les poèmes de Juan Gelman (« la mort ne sait rien de toi // tu as sous tes pieds de l’herbe / et une ombre qui écrit / la mer / »), ou de Mina Loy, 1882-1966, poète anglaise à l’orée du féminisme. Enfin, Claude Darras dresse un portrait généreux de l’artiste René Knapen, « zélateur autant qu’amoureux de la Renaissance italienne ».</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Chemin des livres</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Publiée par les éditions Alidades, cette revue-cahier-carnet de lectures (trois par an) rassemble une série de notes fort utiles à la fois pour connaître la publication de textes souvent en marge des grands éditeurs et pour approfondir notre appréciation de l’œuvre de poètes majeurs, par exemple ici Durs Grünbein ou Else Lasker-Schüler. Quatre poèmes (traduits de l’allemand par Joël Vincent) de Hauke Hückstädt occupent les pages centrales de ce précieux <em>Chemin des livres</em> : « Sex heilt alle Wunden, / oder warum pflastern wir / die Tage damit zu » (Le sexe guérit toutes les blessures, sinon pourquoi en capitonner les jours), poèmes auxquels répond Jim Harrison : « Comment renouveler des serments / dont je me souviens à peine ».</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>L’Étrangère</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Sous la direction précise de Pierre-Yves Soucy, cette « revue de création et d’essai » poursuit son travail de découvertes avec exigence. Présentées par Nimrod, ces presque deux cents pages consacrées à la poésie d’Afrique francophone rassemblant seize voix d’importance prennent une dimension anthologique fort utile et appréciable dans notre univers poétique francophone où la poésie du continent noir n’occupe toujours pas la place qu’elle mérite. Ainsi découvre-t-on, parmi des auteurs confirmés comme Léopold Congo-Mbemba ou Paulin Joachim (tous deux récemment disparus), plusieurs poètes originaires de Mauritanie, du Sénégal, du Cameroun, du Tchad, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin, sans oublier Madagascar. Trois femmes remarquables parmi eux, Tanella Boni, Véronique Tadjo et Sylvie Kandé. Les formes sont diversifiées, les thématiques couvrent à la fois les questions historiques et le solde douloureux de l’Histoire, la violence urbaine, les guerres, mais aussi l’intimité du rapport au monde, la subtile capture d’un univers en grande mutation que permettent, par exemple, l’écriture haïku de Kaoum Tawa : « Nos cris / Sont en suspens / Comme des nuages de pluie », ou la carte-poème <em>Souviens-toi ! Demain</em> d’Ali Abdoul War, « Ô démon de mon / Bien-être / Futur. »</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Europe</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Quelle poétique, quelle saisie commune du monde peuvent susciter la rencontre de Max Jacob et François Cheng dans un même numéro de revue ? Répondre à cette question serait souligner le parallélisme que présentent les études qui mettent en lumière plusieurs dimensions peu connues du parcours de Max Jacob, par exemple son penchant pour une hagiographie contemporaine, « lieu d’une reconstruction joueuse de la culture, mais aussi de l’invention d’un mythe et d’une mystique moderne de l’écrivain, à la fois créateur d’une religion poétique et créature fantastique échappée de ses propres œuvres » avec les convictions et mises en œuvre langagières de François Cheng, pour qui le poème sourd d’un « réseau organique de signifiants dont les multiples combinaisons internes sont capables de révéler des rapports souterrains, secrets, qui relient les entités vivantes dont l’univers est composé ». Une lecture à la fois fusionnelle et consciente de démarches éloignées, toutefois profondément unies par une même résonance de l’âme au-delà de l’esprit. Par ailleurs, la revue offre un cahier turc, <em>Voix d’Istanbul</em>, qui rassemble quatorze écrivains et poètes. Il est précédé d’un entretien de Michel Ménaché avec Ozdemir Ince, Prix Max Jacob étranger 2006.</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>GPU</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Une revue quasiment carrée, de belle élégance liée à une esthétique typographique inventive d’une grande maîtrise. L’acronyme se déploie : <em>Ground Power Unit</em>, et l’on est rassuré. Ni le nom du processeur graphique de nos machines, ni celui d’une sinistre organisation répressive, mais celui d’une relecture, d’un détournement du <em>GPU</em>, qualifiant l’énergie nécessaire à l’envol d’un aéronef, en l’occurrence à la mise en lecture de propositions picturales et d’écriture qui méritent de nous emporter. Les propositions se suivent et s’enchaînent et il faut se référer à la liste des auteurs en page de garde pour rendre à chacun ce qui s’est offert dans un rythme partagé et fertile. La revue aime ce brassage, cet art de la rencontre et du conflit d’images intérieures que chaque page révèle. De Marcel Cohen à Christelle Mailly, de Gérard Fabre à Malika Mokadem, par exemple.</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>N47</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Se déclinant en cinq ensembles, <em>Plein format</em>, <em>Cahier plastique</em>, <em>Plurielles</em>, <em>Sentiers</em> et <em>Notes de Lecture</em>, cette revue de haut format accueille une quarantaine de poètes avec un soin particulier et fort bienvenu dans un univers où souvent les revues multiplient certains choix graphiques inutilement complexes, pour le moins peu propices à offrir simplement au poème son espace. Beaucoup de découvertes, en lisière de voix reconnues, et quelques pages d’une réflexion bienvenue sur la notion ô combien opaque et fourvoyée par la grande presse et la publicité de <em>Poésie-Poétique</em>. Les textes de présentation des auteurs sont d’une grande précision et ouvrent à la lecture sans donner de naïves clefs. La résistance de l’œuvre, poème, photographie ou dessin, est respectée et c’est au lecteur de lotir les silences entre les éléments disposés. Un exemple parmi d’autres : « À la merci des crapauds, grenouilles et oiseaux (…) / En haut. Surface lisse. Mangeoire ouverte. Ne laisse rien supposer. (…) / Regarde les araignées d’eau glisser, les libellules danser. / Léger mouvement d’air. / Sans trace. Jamais », extrait de <em>Trou d’eau</em> de Jean-Louis Giovannoni.</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Nunc</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Si l’on accepte de tourner la toute première page où apparaissent <em>In memoriam</em> deux papes, Angelo Guiseppe Roncalli (Jean XXIII) et Karol Józef Wojtyla (Jean-Paul II) (je préfère de beaucoup la définition qui court en bas de couverture et qui définit les buts polymorphes et pérégrins de <em>Nunc</em>), on tient là un ensemble tout à fait important de contributions pour l’essentiel dévolues à l’œuvre de Joë (Jo ?) Bousquet, sous l’autorité éclairée de Hubert C. et Jean-Gabriel Cosculluela qui ont sollicité vingt-cinq lecteurs passionnés par ce poète majeur avec lesquels, de l’essai (Michel Surya, Katy Barasc ou Jean-Luc Nancy) à la confidence intime (Sylvie Gouttebaron), en traversant l’émotion d’un comédien (Denis Lavant) ou celle d’un photographe (Bernard Plossu), on partage le plaisir de lire <em>La Blanche par amour</em>, une série inédite du poète présentée par Christine Michel. Bernard Noël, Alain Freixe ou Pierre Vilar rendent profondément sensible le déploiement subtil d’une pensée proprement radicale : « Difficile était la vie. Heureusement, nous connaissions son mal. » Joë Bousquet donnerait-il, comme le propose Hubert C. « son vrai nom à la littérature : <em>l’alitérature</em> » ? Un cahier poésie polonaise à deux voix, avec Ewa Lipska et Krzysztof Siwczyk, complète ce numéro d’importance.</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Ouste</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Sous le titre « Création et exagération, conspiration 2014 », co-édité par <em>Féroce Marquise et le Dernier Télégramme</em>, ce numéro rassemble soixante-neuf contributions, sous la forme de dessins, de photographies, de collages, de montages, de projets plastiques, de poèmes lettristes, de poèmes classiques ou aphoristiques, de textes d’une prose souvent hybride, de brefs récits enfin. Il y a paradoxalement dans le travail de cette revue de poche une dimension anthologique (et pédagogique) car elle donne à voir et à lire la multiplicité de démarches créatives contemporaines en invitant avec exigence écrivains et artistes, hors censure ou volonté de fonder une esthétique mais dans l’unique souci de multiplier les approches, humour compris, de chahuter les frontières. Un viatique stellaire en ces temps sombres.</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Le point d’ironie</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Impossible ici de reproduire le point d’ironie, dont le dessin ne figure pas dans les polices de caractères habituellement disponibles. Présentant une succession de quelques mots posés sur huit pages que le lecteur manipule comme un journal quotidien, cette livraison 56 invite Robert Barry, artiste américain né à New York en 1936, à tracer son point d’ironie avec ce matériel verbal qu’il dit « incomplet… et qui ne constitue qu’une partie d’un ensemble ». Ce périodique atypique né d’une discussion entre agnès b, Christian Boltanski et Hans-Ulrich Obrist est d’une heureuse mondanité, sous le sceau de cette marque graphique originale inventé voici plus d’un siècle par Alcanter de Brahm. Distribué sur le mode de la dispersion, cent mille exemplaires en musées, galeries, librairies, cinémas, boutiques de mode, ce support rassemble depuis presque vingt ans les artistes d’aujourd’hui avec exigence. Je me souviens avec grand plaisir par exemple du n° 54, consacré à Pierre Henry, documenté et intime.</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>La Revue des revues</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Dans sa rubrique « Études et Documents », la revue propose un parcours informatif et critique, « Remembrance sur la vie des revues littéraires en 1980 », signé Patrick Beurard-Valdoye. On y apprend que depuis la création des <em>Cahiers de Leçons de choses</em> en janvier 80, en passant par <em>Le Jardin ouvrier</em>, <em>Faix</em> ou <em>Dire</em>, la question posée par les revues fut celle du « comment apprendre et savoir lire » ; que les problématiques complexes d’un temps mouvant caractérisé par des prises de position dont le caractère provocant, voire extrémiste, étaient la marque d’une fabrique très partagée. <em>Action poétique</em>, <em>Tel Quel</em> ou <em>Change</em> battaient le pavé du poème et de ses traductions, jusqu’à en souligner son « inadmissibilité »… Puis, <em>Phantomas</em>, <em>Le Cheval d’attaque</em> en Belgique, <em>Akzente</em>, <em>Litfass</em> les berlinoises, ou <em>Manuskripte</em> l’autrichienne, firent la part belle, au-delà du « miracle d’une prose poétique » (Baudelaire) à une forme d’insolence inventive. Sans oublier <em>La Revue parlée </em>de Blaise Gautier, les lectures du MAM d’Emmanuel Hocquard qui ouvrirent sur l’espace de l’oralité. Quel(s) héritage(s) ? La question n’est pas tranchée…<br />
Et s’attarder sur d’autres dossiers, en particulier celui consacré par Mirande Lucien aux deux premières revues homosexuelles de langue française, <em>Akademos</em> (1909) et <em>Inversions / L’Amitié</em> (1924-25).</span></p>
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<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><strong><em>Le Tigre</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Héraclite : <em>Un tas de gravas déversés au hasard : le plus bel ordre du monde</em>. Tel est le sous-titre de ce magazine, plutôt que revue au sens classique. Une nouvelle formule qui étonnamment dément la citation hellène tant l’organisation d’ensemble et les propositions graphiques sont d’une remarquable qualité et en lien évident avec tel et tel contenu, passant de la photo, de la BD ou de l’essai à des pages où la mixité et l’hybridation des pratiques artistiques l’emportent. L’art du détournement visuel, du repérage critique des modes d’expression contemporains, de la provocation fille du meilleur de l’époque dada, surréaliste ou plus récemment situationniste, semble être le dénominateur commun de cette revue très excitante et ouverte sur le monde dans ses diversités géographiques et artistiques, mais qui se refuse paradoxalement à la publication de fictions. Arthur Cravan pour l’édito, Éric Chevillard, Antoine Zéo, Francis Tabouret, Renaud Wattwiller, Hélène Briscoe, Aurore Valade et plus d’une trentaine de contributions rythment ce numéro double au cœur duquel on ne saurait manquer l’entretien de Claire Richard avec Denise Oliver, l’une des principales dirigeantes du <em>Young Lords Party</em>, qui, de 1969 à 1973, combattit à New York pour l’émancipation de la communauté portoricaine de l’East Harlem.</span></p>
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N° 2</br>
256 p., 20,00 €</br>
</br>
<a href="http://www.aml-cfwb.be/" target="_blank"><em>Balises</em></a></br>
N° 15-16</br>
« Vérité et violence en art »</br>
Cahier de poétique des archives &amp; musée de la Littérature, Bruxelles</br>
336 p., 21,00 €</br>
</br>
<a href="http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/" target="_blank"><em>Les Carnets d’Eucharis</em></a></br>
N° 2</br>
176 p., 17,00 €</br>
</br>
<a href="http://alidades.librairie.pagespro-orange.fr/" target="_blank"><em>Chemin des livres</em></a></br>
N° 26</br>
Alidades</br>
28 p., 4,00 €</br>
</br>
<a href="http://www.lettrevolee.com/spip.php?page=home" target="_blank"><em>L’Étrangère</em></a></br>
N° 33-34</br>
La Lettre volée</br>
192 p., 25,00 €</br>
</br>
<a href="http://www.europe-revue.net/" target="_blank"><em>Europe</em></a></br>
N° 1019</br>
402 p., 20,00 €</br>
</br>
<a href="http://revuegpu.blogspot.fr/" target="_blank"><em>GPU</em></a></br>
N° 7</br>
Ini</br>
64 p., 8,00 €</br>
</br>
<a href="http://www.entrevues.org/revues/7660-2/" target="_blank"><em>N47</em></a></br>
N° 26</br>
128 p., 15,00 €</br>
</br>
<a href="http://www.corlevour.com/fr/revue-nunc" target="_blank"><em>Nunc</em></a></br>
N° 33</br>
de Corlevour</br>
148 p., 24,00 €</br>
</br>
<em>Ouste</em></br>
N° 22</br>
<a href="http://ferocemarquise.org/" target="_blank">Féroce Marquise</a> / <a href="http://www.derniertelegramme.fr/" target="_blank">Dernier Télégramme</a></br>
140 p., 10,00 €</br>
</br>
<a href="http://www.pointdironie.com/" target="_blank"><em>Le point d’ironie</em></a></br>
N° 56</br>
agnès b</br>
8 p., gratuit</br>
</br>
<a href="http://www.entrevues.org/rdr/" target="_blank"><em>La Revue des revues</em></a></br>
N° 51</br>
Ent’revues</br>
144 p., 15,50 €</br>
</br>
<a href="http://www.le-tigre.net/" target="_blank"><em>Le Tigre</em></a></br>
N° 043-044</br>
84 p., 8,30 €</div>
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</br></div>
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</br></div>
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