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	<title>CCP &#187; Michèle | Cohen-Halimi</title>
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	<description>cahier critique de poésie</description>
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		<title>Michèle Cohen-Halimi / Francis Cohen : Le Cas Trawny, à propos des « cahiers noirs » de Heidegger</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2016 00:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP 31-4]]></category>
		<category><![CDATA[Anne | Malaprade]]></category>
		<category><![CDATA[Francis | Cohen]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; par Anne Malaprade Dans ce cas on peut entendre beaucoup d’aventures, d’accidents, de conjonctures. Des occasions de se taire ou au contraire de parler ouvert qui n’ont pas été saisies, qui ont été fuies ou écartées. Derrière ce cas également, la manifestation d’un problème ou d’une maladie chez une personne – chez plusieurs sans &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-5542-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-5542-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-5542-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-5542-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Anne Malaprade</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-5542-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Dans ce <em>cas</em> on peut entendre beaucoup d’aventures, d’accidents, de conjonctures. Des occasions de se taire ou au contraire de parler ouvert qui n’ont pas été saisies, qui ont été fuies ou écartées. Derrière ce <em>cas</em> également, la manifestation d’un problème ou d’une maladie chez une personne – chez plusieurs sans aucun doute. Quoi qu’il en soit, ces philosophes-<em>là</em> – Heidegger, Trawny – sont vraiment des « cas ». Ils alimentent, nourrissent, ravivent le symptôme et la source d’une pathologie : l’antisémitisme.<br />
En octobre 2014, Michèle Cohen-Halimi et Francis Cohen publient dans <em>Le Monde</em> (rubrique « Idées ») un article intitulé « Le déni persistant de l’antisémitisme d’Heidegger ». Ils rappellent que Heidegger lui-même avait programmé la publication de ses <em>Cahiers</em> comme le point terminal parachevant son œuvre complète : la fin du chemin que constitue sa pensée. Or Jean-Luc Nancy refuserait de considérer ces <em>Cahiers</em> comme faisant effectivement partie de ce voyage philosophique. De plus, il déshistoriciserait l’antisémitisme de Heidegger au point de le diluer dans un antisémitisme occidental. Cet antisémitisme de Heidegger serait donc présenté par Heidegger lui-même et perçu par un certain nombre de ses lecteurs eux-mêmes philosophes comme une « menace » pesant sur la pensée du destin de l’Occident, qui finalement révèle, pour nos auteurs, un déni (Heidegger), voire un sur-déni (Jean-Luc Nancy).<br />
Cette lecture, donc, qui soustrait (consciemment ou non ?) en l’exhibant ce qu’elle veut fondamentalement cacher – l’antisémitisme de Heidegger – caractérise le projet de Peter Trawny, l’universitaire allemand qui, en 2014, édita les <em>Cahiers noirs</em> en question, et ce sous la gouverne des ayants droit, Hermann et Arnulf Heidegger. <em>Le Cas Trawny</em> s’ouvre sur la reprise d’un dialogue entre le chevalier Auguste Dupin (j’avais écrit le poète Jacques Dupin !) et le préfet de police M. G. de la nouvelle d’Edgar Poe <em>La Lettre volée</em>. Il est encore question de lettre « volée », tout au moins de lettre « détournée » – « the purloined letter ». Mais, ainsi que le montra Lacan, toute lettre arrive finalement à ses destinataires, à qui il revient d’évaluer et de réévaluer la teneur du message transmis : les propos tenus dans les <em>Cahiers noirs</em> en l’occurrence, sont d’autant plus minorés par certains qu’ils paraissent enfin livrés à tous. C’est en exhibant qu’on soustrait, en montrant qu’on atténue, en rendant visible qu’on recouvre d’invisible. C’est justement parce que l’antisémitisme de Heidegger s’inscrit dans un champ historique précis qu’il est dilué par des lectures qui en font un trait historial. Le livre de Michèle Cohen-Halimi et de Francis Cohen mène ainsi une enquête philosophique qui s’inscrit dans l’Histoire, celle des années trente en Allemagne, mais aussi celle de notre présent, tant allemand que français. L’ouvrage explique le dispositif de « la lettre volée », puis rappelle qu’Adorno avait déjà pointé dans ses <em>Minima moralia</em> cet « asthme intellectuel » dont souffrait Heidegger (avec pour symptôme cette différence qu’il institue entre « Geschichte » et « Historie ») et dont souffre aujourd’hui Peter Trawny. L’universitaire exhibe un soi-disant chevaleresque courage d’éditeur au service malheureux d’une re-sémantarisation de l’antisémitisme heideggerien désormais qualifié d’« historial ». Extrêmement attentif aux glissements de sens, cette enquête décrypte les choix de traduction des titres des livres de Peter Trawny qui, passant le Rhin, cherchent à se concilier un lectorat français. Elle pointe la dénégation que Trawny met en œuvre dans son commentaire de Heidegger : faire de son antisémitisme un moment de l’Histoire de l’Être pour innocenter, excuser et flouter son rapport circonscrit au nazisme. Par exemple, si Peter Trawny convoque à propos de l’antisémitisme de Heidegger le terme d’« errance », c’est pour l’inscrire dans une haine des Juifs anhistorique : ce système philosophique fonctionnerait comme une histoire sans sujet ni pourquoi, un monde dans lequel l’antisémitisme ne s’incarne pas dans des antisémites. Un monde pourtant bien inquiétant : dans quelle mesure cette « éclaircie » tant attendue en passe par l’errance antisémite, qui fut en l’occurrence l’occasion d’une série de passages à l’acte effroyables ? Enfin, Peter Trawny choisit de se déclarer lui-même antisémite pour soustraire d’autant plus miraculeusement celui de l’auteur des<em> Cahiers</em>. Michèle Cohen-Halimi et Francis Cohen reviennent ainsi sur cette provocation – « L’antisémitisme s’avère résistant. Croire que l’antisémitisme, c’est les autres est un faux-fuyant. Ce que l’antisémite est, c’est ‘moi’ » – exhibée dans <em>La Liberté d’errer, avec Heidegger</em>. L’entreprise vise finalement à désincarner et neutraliser toute une série de termes et d’expressions afin d’en faire des philosophèmes acceptables. Dans ce langage philosophique insensé des expressions telles que « l’extermination des Juifs d’Europe », « antisémite », « Auschwitz », « mythe d’Auschwitz », « le judéo-bolchévique », « extase des flammes et de l’anéantissement » deviennent audibles et admissibles. La langue de l’historialité <em>sensure</em>, au sens que Bernard Noël donne de ce terme, des vocables dont la charge atroce, les visées pragmatiques et les effets performatifs sont intégralement refoulés.<br />
Pourtant l’Histoire et le réel résistent à ce processus de voilement ô combien pervers. Et l’impératif premier de la philosophie consiste sans doute à dévoiler l’erreur plutôt que narrer l’errance, à réintroduire la nécessité de la responsabilité morale, à rechercher les traces et les témoignages des victimes plutôt que de défendre des responsables irresponsables. La voix portée par les <em>Cahiers noirs</em> n’a ni la force, ni la fragilité, ni l’humanité de celle de Hölderlin, de Celan ou de Levinas – et ce même si Peter Trawny a tenté des les imbriquer et de les mêler les unes aux autres dans des montages citationnels également ambigus. Certains philosophes (certains poètes ?) veulent donner un sens non pas plus pur, mais plus historial, aux mots de la tribu. D’autres, tels Theodor W. Adorno, Jean-Pierre Faye ou Emmanuel Faye, rappellent qu’on ne joue pas impunément avec le sens des mots. Notre Histoire ne se situe ni se joue au-delà de notre histoire, et elle se vit, se pense, se fait, se comprend, s’articule avec des mots qui sont toujours reliés aux hommes et à leurs engagements, aux choses, aux actes et aux valeurs. Le « noir mélange » dont parlait Mallarmé dans son <em>Tombeau d’Edgar Poe</em> est celui qu’on retrouve dans ces <em>Cahiers noirs</em> eux-mêmes présentés par le discours si complaisant de Peter Trawny.</span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-5542-0-1-2">			<div class="textwidget"></br>
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48 p., 7, 50 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-5542-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/31-4/MALAPRADE-CohenHalimi-Cohen.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		<title>Mireille Havet : Journal 1918-1929</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2015 12:45:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #29 Hors série]]></category>
		<category><![CDATA[Dossier Cohen & Viton]]></category>
		<category><![CDATA[Michèle | Cohen-Halimi]]></category>
		<category><![CDATA[Mireille Havet]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Michèle Cohen-Halimi Sujet bougé « Dans le miroir, du fond du miroir un gamin fou venait à ma rencontre. […] Un halo, une cernure entourait l’âme : le spectre d’en face. Il marchait vers moi, égaré, avec des yeux lourds comme le métal… » Mireille Havet, Journal, 25 juin 1919 « Dans le présent, tout est &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-2930-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-2930-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-2930-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-2930-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Michèle Cohen-Halimi</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-2930-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><strong><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Sujet bougé</span></strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 210px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 10pt;">« Dans le miroir, du fond du miroir un gamin fou venait à ma rencontre. […] Un halo, une cernure entourait l’âme : le spectre d’en face. Il marchait vers moi, égaré, avec des yeux lourds comme le métal… »<br />
Mireille Havet, <em>Journal</em>, 25 juin 1919</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 210px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 10pt;">« Dans le présent, tout est fini, et aussi bien ce fini est infini dans la vélocité de sa fuite vers la mort. »<br />
Charles Baudelaire, <em>Les Paradis artificiels</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">On retient du <em>Journal 1918-1929</em> que Mireille Havet a tenu de vingt à trente ans – elle meurt le 21 mars 1932 – une espèce d’ébranlement d’intelligence où la pensée perdant tous les degrés d’absence et de présence à soi introduit à un état d’incohérence extrême de l’identité du sujet, incohérence agitée, intensive, que les drogues (opium, morphine, cocaïne, héroïne) exacerbent jusqu’à la mort. Il y a derrière ce livre, c’est-à-dire à travers lui, une écriture abandonnant phrase et récit – « Je ne fais pas de phrases, et je n’écris rien »<sup>1</sup> –, pour viser les traces d’une perte, les marques d’un deuil, qui seraient comme le palimpseste mobile d’un processus infini de mémoire et d’oubli. Mémoire et oubli, non pas d’une conscience, celle de Mireille Havet, mais l’excédant, la débordant, l’emportant par cycles et épicycles dans des dépressions et des exaltations où le sujet dessaisi de lui-même touche par fulgurance des moments de la pensée du monde :<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">« L’opium est une vertu profonde qui rend plus clairvoyant. On descend dans son puits chercher la vérité de soi-même. Sur sa trame lourde et obscure, la pensée se détache et ne se limite point. La cocaïne est une aile légère qui rend fou et déplace les densités du monde et de nos corps. »<sup>2</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">On peut trouver dans ce <em>Journal</em> des anecdotes et des détails quasi mondains : Mireille Havet a rencontré Apollinaire, Cocteau, elle admirait Colette et Cendrars. Elle a séduit Robbie Robertson, la femme de Pierre de Massot. Elle tenait une liste de toutes les femmes avec lesquelles elle faisait l’amour et notait même la durée de ses liaisons. Elle cryptait par des x minuscules ses nuits d’amour, par le dessin d’une petite pipe ses soirées passées à fumer l’opium, par un X majuscule la douleur de ses règles, etc. Mais l’intensité extraordinaire du livre qu’est ce <em>Journal</em> ne tient pas à la menue monnaie d’une existence tellement caractéristique des « années folles » que le destin de Mireille Havet pourrait se confondre avec ceux de Jacques Vaché, René Crevel, Jacques Rigaut, Raymond Radiguet et de tant d’autres écrivains contemporains. Le <em>Journal</em> renchérit plutôt sur cet effet de consomption des vies qui peinent à survivre à la « Grande guerre », il raffine sur un effet de déshérence qui lui est très spécifique :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">« On gagne le large… la foule humaine au dos noir. Je m’en vais parmi eux, parmi tous, avec ma pauvre tristesse, mon haussement d’épaule, ma négation.<br />
Je sens la ville énorme, où nous sommes parqués autour des lampes comme des moustiques dans la buée nouvelle de la saison troublante, de la saison sexuelle et maritime par excellence. »<sup>3</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Il se joue quelque chose de fondamental dans l’accent de l’écriture. Paul Celan parlait de « l’accent aigu de l’actualité », de l’accent « grave de l’histoire »<sup>4</sup>, il faut ici redéfinir « le ton du <em>revenant</em> » qu’évoquait Baudelaire<sup>5</sup> à propos des <em>Confessions d’un mangeur d’opium anglais</em> de Thomas De Quincey. Il y a là en acte, en pratique, une désespérance de la discontinuité. Comme une rage mélancolique. Cette désespérance est soutenue par une passion de durée, doublée d’une souffrance inouïe de l’interruption :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">« Je croyais et je crois par instants encore (tant j’ai de mal à détruire mes souvenirs) qu’elles ont été et qu’elles sont revenues. Je suis un être continu et qui ne peux croire (ni envisager, sans toucher à un malaise, à une confusion morale voisine de la folie hurlante et démoniaque dans sa révolte et son incompréhension) à la discontinuité […] des autres et de leur vie présente… »<sup>6</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Il y a d’abord les femmes qui délaissent Mireille Havet ou qu’elle abandonne, ces histoires de rupture sont aussi innombrables que les rencontres qui les précèdent, il y a les pertes, les deuils, les morts de la guerre, que toutes ces histoires de séparation font affleurer à la conscience, la mort d’Apollinaire en tout premier lieu, le poète, le maître – « Nos maîtres sont morts et nous sommes seuls » –, il y a encore les corps amputés, tronqués, balafrés, meurtris, Cendrars « avec son bras coupé, sa manche flasque » et puis, enfin, il y a cette nouvelle figure de la « piqûre », qui veut tout recoudre en relevant la discontinuité par la multiplication folle des contiguïtés : « Je suis une piquomane, et je me pique toutes les heures ou plus… »<sup>7</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">La piqûre succède au fragment pour faire résider l’accent de l’écriture dans une entière occupation de tous les instants du temps. Le « ton du revenant » – « je suis pleine de morts comme une crypte »<sup>8</sup> – est donc celui d’une répétition « piquomaniaque » par où une conscience déchirée fait revenir le trait par le point, la durée par l’instant, la mémoire par l’oubli, l’attention par l’hallucination. Le <em>Journal</em> perd peu à peu ses marges, il ne s’interrompt plus, ne laisse aucun blanc dans cette frénétique capture du temps dont il devient le seul objet. Il veut exhiber les morceaux recousus d’un cœur mis à nu : « Mon cœur […] est cousu et traversé de cicatrices comme le visage labouré et hideux de certains grands blessés de la face. »<sup>9</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Rien de la durée ne revient sans la piqûre de l’instant, qui rend possible le « schéma rétrospectif »<sup>10</sup> de la vie en même temps qu’il sépare, interrompt le flux continu de cette même vie. À l’instant où culmine l’intensité du discontinu (rencontre ou rupture amoureuse, piqûre par surcroît de bonheur ou de tristesse), le sujet bouge déjà de se remémorer qu’il était autre qu’il n’est maintenant, pour l’avoir oublié, et qu’il est devenu autre en le découvrant, et qu’il est encore l’autre des mort qu’il encrypte en lui pour survivre, morts dont il voit les signes de blessure se recomposer sur lui-même comme il les a vus sur leurs faces. Le retour est donc une spirale de balafres qui rageusement tentent de dire l’urgence par laquelle le temps, la mémoire, avant de surgir comme problèmes, se mettent à hanter les jours et les nuits de celle qui écrit et donnent forme de « Journal » à une façon d’être le corps avancé d’une question –­ celle du retour et de l’oubli – qui, sans commencement ni fin, n’appartient à personne : « je cherche en vain quelque chose que j’ignore mais qui doit m’appeler, me désirer quelque part… »<sup>11</sup></span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2930-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
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<a href="http://www.clairepaulhan.com/" target="_blank">Claire Paulhan</a>, 2003-2012.</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2930-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/horserie/COHEN-HALIMI-havet-1.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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</div></div>
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</div></div>
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</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2930-0-2-5">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/horserie/COHEN-HALIMI-havet-5b.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-2930-0-2-6">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/horserie/COHEN-HALIMI-havet-6b.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-2930-0-2-7">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. <i>Journal</i>, 12- 13 août 1929.</p>
<p align= "left">2. <i>Journal</i>, 7 novembre 1921.</p>
<p align= "left">3. <i>Journal</i>, 16 février 1919.</p>
<p align= "left">4. Paul Celan, <i>Le Méridien & autres proses</i>, trad. J. Launay, Le Seuil, 2002, p. 64.</p>
<p align= "left">5. Charles Baudelaire, <i>Les Paradis artificiels</i>, Garnier-Flammarion, 1966, p. 134.</p>
<p align= "left">6. <i>Journal</i>, 15 janvier 1928.</p>
<p align= "left">7. <i>Journal</i>, 19- 20 septembre 1926.</p>
<p align= "left">8. <i>Journal</i>, 14 novembre 1918.</p>
<p align= "left">9. <i>Journal</i>, 25 mai 1928.</p>
<p align= "left">10. <i>Journal</i>, 27 septembre 1926.</p>
<p align= "left">11. <i>Journa</i>l, 30 octobre 1918.</p></div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Michèle Cohen-Halimi : L’Anagnoste</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Nov 2014 15:53:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #29-1]]></category>
		<category><![CDATA[Michèle | Cohen-Halimi]]></category>
		<category><![CDATA[René | Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Par René Noël Soit vingt et un jours, l’enfance d’Alain Garric, carré noir sur fond noir d’Anagnoste1 tissé de vingt et une critiques2 au cours desquelles Michèle Cohen-Halimi réalise qu’elle ne lit pas lisant, mais écrit, serait un des centres de ce livre portant les récits de la survie dans les camps de François &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-561-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-561-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-561-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-561-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>Par René Noël</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-561-0-1-1">			<div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;"><em>Soit vingt et un jours</em>, l’enfance d’Alain Garric, carré noir sur fond noir d’<em>Anagnoste</em><sup>1</sup> tissé de vingt et une critiques<sup>2</sup> au cours desquelles Michèle Cohen-Halimi réalise qu’elle ne lit pas lisant, mais écrit, serait un des centres de ce livre portant les récits de la survie dans les camps de François Le Lionnais, Dionys Mascolo, Charlotte Delbo, vers les grilles de langues greffées sur les littératures et la poésie <em>via</em> Roger Laporte et Michel Couturier figurant <em>Énigme </em>d’Anne-Marie Albiach, jusqu’aux matériaux, les modes concrets d’encrage, de calligraphies, de mises en page. Formes et contenus du livre élaborent un radical de soi, abrègent et actualisent les radicalités. Un mouvement unissant sans les abstraire, les réduire, les générations, propose un état du monde, énergie de l’étendue, la création, copie du réel où s’exposent la recherche et l’obstination affranchies des voix spéculant sur l’interdiction irréelle de vivre ensemble et l’usage perdu des qualités les plus subtiles de l’homme. Le fait supplée le croire. Une attention et l’observation de distances scrupuleuses entre commanditaires, critique, créateurs et leurs écrits, restituent les tonalités inaperçues de leurs accords et dissonances, contrepoints utiles d’utopies où l’espace infini et les devenirs s’épousent.</span></p></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-561-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-561-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
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</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-561-0-2" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-561-0-2-0">			<div class="textwidget"><div align="left">
Préface de l’auteur</br>
<a href="http://www.ericpestyediteur.com/" target="_blank">Éric Pesty Éditeur</a></br>
176 p., 17,00 €</br>
</br>

</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-561-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><a href="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/29-1/NOEL_Cohen-Halimi_l%27anagnoste.jpg"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/29-1/NOEL_Cohen-Halimi_l%27anagnoste.jpg" alt="anagnoste" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-561-0-2-2">			<div class="textwidget">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-561-0-2-3">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. Revue créée par Claude Royet-Journoud publiée dans sa revue <i>Zuk</i> puis <i>CCP</i>.</p>
<br>
<p align= "left">2. 6  Bandeaux (sur 2 pages) x 6 peints par Claude Royet-Journoud – voyelles du livre ? – rythment l’ouvrage en 7 groupes de 5 – 4 – 4 – 2 – 1 – 3 – 2 textes, la répartition des bandeaux choisie par l’éditeur, 3e acteur du livre.</p></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-561-0-2-4">			<div class="textwidget">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Michèle Cohen-Halimi : Stridence spéculative. Adorno Lyotard Derrida</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Nov 2014 15:34:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #29-1]]></category>
		<category><![CDATA[Michèle | Cohen-Halimi]]></category>
		<category><![CDATA[René | Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Par René Noël Michèle Cohen-Halimi décrypte les situations d’un échange entre Lyotard et Derrida lors de deux décades à Cerisy, penchée sur l’urgence de recréer nos relations au monde qu’aucun différer ni déni ne peut anéantir. Lyotard cite la Dialectique négative d’Adorno, questionne Derrida sur la possibilité et les conditions du jugement après Auschwitz &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-559-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-559-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-559-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-559-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>Par René Noël</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-559-0-1-1">			<div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt; font-family: BodoniStd;">Michèle Cohen-Halimi décrypte les situations d’un échange entre Lyotard et Derrida lors de deux décades à Cerisy, penchée sur l’urgence de recréer nos relations au monde qu’aucun différer ni déni ne peut anéantir. Lyotard cite la <em>Dialectique négative </em>d’Adorno, questionne Derrida sur la possibilité et les conditions du jugement après Auschwitz en 1980, lequel lui répond en 1982 par une autre question, ignorant Adorno. Ce dernier pèse le monde concret, le quotidien et l’histoire, tout concept et l’éternité même intégrés à l’action, critique la raison otage du mythe, les conditions de sauvetage de l’humanité ne pouvant faire l’économie de l’inhumanité<sup>1</sup>. Hégélien contemporain, Adorno pratique la négation justifiée afin de briser les volontés inconscientes et délibérées d’obéir et de commander à cette possibilité, injonction toujours imminente intégrée à nos civilisations, d’agir de telle sorte que la répétition d’Auschwitz ait lieu. La philosophe suit Lyotard qui reste sur le seuil, en retrait de sa question cruciale, défend un devoir être éthique sans perturber les atavismes de la pensée, Derrida qui préfère ne pas lire Adorno, celui-ci fidèle aux lumières, attentif à relever les mensonges et les créations décriées du progrès.</span></p></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-559-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br></p>
</div>
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</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-559-0-2" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-559-0-2-0">			<div class="textwidget"><div align="left">
<a href="http://www.payot-rivages.net/" target="_blank">Payot</a></br>
« Critique de la politique »</br>
332 p., 26,00 €</br>
</br>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-559-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><a href="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/29-1/NOEL_Cohen-Halimi_stridence.jpg"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/29-1/NOEL_Cohen-Halimi_stridence.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-559-0-2-2">			<div class="textwidget">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div>
		</div><div class="panel widget widget_text" id="panel-559-0-2-3">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. Citant Voltaire écrivant qu’après le tremblement de terre de Lisbonne, la philosophie de Leibnitz n’est plus crédible, Adorno écrit qu’Auschwitz exige de la philosophie qu’elle change radicalement.</p></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-559-0-2-4">			<div class="textwidget">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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