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	<title>CCP &#187; CCP #32-5</title>
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	<description>cahier critique de poésie</description>
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		<title>Jean Frémon romancier : entre méta-narrativité et poésie</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Oct 2016 13:03:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Fabio Scotto]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Frémon]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Fabio Scotto                                 Et chaque fois c’est la même chose, mimant des gestes vidés de sens. Et puiser où le contenu pêche par manque1. Les voix ne portent plus, elles se perdent2.   Né en 1946, directeur de la Galerie Lelong, Jean Frémon a travaillé dans l’édition et publié divers écrits sur &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7549-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7549-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7549-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7549-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Fabio Scotto</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7549-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: right;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 12pt;">                      <span style="font-size: 12pt;">          Et chaque fois c’est la même chose,</span><br />
mimant des gestes vidés de sens.<br />
Et puiser où le contenu pêche par manque<sup>1</sup>.<br />
Les voix ne portent plus, elles se perdent<sup>2</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Né en 1946, directeur de la Galerie Lelong, Jean Frémon a travaillé dans l’édition et publié divers écrits sur l’art et la littérature, des textes poétiques ainsi que des récits, illustrés par des artistes de renom tels Camille Bryen, Bram Van Velde, Gérard Titus-Carmel, Valerio Adami, Jan Voss, Antoni Tàpies ou encore Zao Wou-ki. Son œuvre qui, certes, se range parmi les plus singulières en France aujourd’hui doit être considérée à la lumière de la période d’après-guerre, période durant laquelle la fidélité à un canon narratif traditionnel a perdu du terrain en même temps qu’une hybridation syncrétique de genre entre prose et vers, création et réflexion – dans le sillon de la <em>Nouvelle Critique</em> – y a gagné : il s’est agi, ainsi, de faire l’expérimentation de formules ouvertes de l’écrit, non identifiables à des schémas connus, et en suivant les contours labiles – volontaires ou subis – d’une identité et d’un<em> plot</em>, de se tourner vers l’acte d’écriture en tant que tel pour qu’il soit un défi posé à la page blanche avec ce qu’elle comporte d’insondable. Guère éloignée dans ce sens de la recherche de Maurice Blanchot qui a fait d’un tel <em>espace littéraire</em><sup>3</sup> un horizon lyrico-spéculatif de réflexion et un espace d’agonie qui, justement, dans l’écriture prolonge à l’infini<sup>4</sup> « la vie qui porte la mort et qui se maintient vivante en elle », la recherche de Frémon se développe dans les années où, d’un côté, l’<em>école du regard</em> se concentre sur les dynamiques de la vision qui expérimentent la consistance matérielle et illusoire du monde générée par la représentation – pensons au <em>Nouveau Roman</em> ou à la philosophie de Maurice Merleau-Ponty – et où, de l’autre, émergent des recherches littéraires, à leur facon post-génériques, lesquelles de Jean Daive à Bernard Noël, de Roger Laporte à Anne-Marie Albiach se tournent vers une poésie apparemment a-tonale qui attribue au sujet du discours un statut énigmatique pour ne pas dire parfois indéchiffrable qui se confond avec le magma du monde. À cela s’ajoute, et c’est un aspect capital, le dialogue et la collaboration avec des artistes qui, en élargissant l’horizon d’inspiration, portent aussi à une rythmique plus déplacée de la page écrite au travers de bipolarisations, de scansions fragmentaires, d’alternances de vers et de prose, d’une utilisation stylistique des caractères typographiques en plus d’une intertextualité et hypertextualité des arguments qui souvent concernent des œuvres d’autres auteurs et pas seulement littéraires.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Premiers romans : le miroir sans visage</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Les premiers essais narratifs de Jean Frémon sont emblématiques de cette tendance rhapsodique qui contourne la nécessité d’une base structurelle du roman pour lui substituer un mouvement centrifuge partant d’une absence de centre. Pensons à l’<em>incipit </em>de son premier roman <em>Le Miroir, les Alouettes</em><sup>5</sup> qui offre déjà une matrice métalittéraire et fait recours à des vers aux rythmes fragmentés ou à des séquences asyndétiques s’en rapportant à un sens fugitif récurrent :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     que nous fait cette chose publiée un livre quelques<br />
mots ordonnés articulés à peine et dont personne<br />
ne peut encore ne peut plus percer le sens le dépla-<br />
cement d’air l’énergie transformée annulée<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     le rêve d’un livre dont le sens échappe / il fait bloc<br />
semble homogène mais on y chercherait vaine-<br />
ment un sens global il éparpille écume les impasses<br />
/ vient d’échapper, le vide ainsi laissé, quelque<br />
part, petit manque, comme imperceptible<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     un livre sa lenteur ligne après ligne inscrites mot à<br />
mot les longues phrases neutres qu’il modèle en si-<br />
lence apprises ailleurs d’un autre livre tenues rémi-<br />
niscences subites venues là pourquoi et articulées à<br />
haute voix tandis qu’il descend à pas lents la route<br />
est donc interminable […]<sup>6</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Ici l’on voit clairement dans l’ambiguïté de la définition du livre-objet (« cette chose publiée un livre »), l’évanescence de son propre sens qui laisse place au vide et à la source hypertextuelle de ses phrases neutres (« apprises ailleurs d’un autre livre »). De la sorte, l’œuvre n’est pas tant le développement d’un mécanisme de fiction mais plutôt l’histoire de son propre avènement. L’auteur recourt sans cesse à la minuscule en début de vers comme pour indiquer au travers de ce choix formel la continuité du discours fragmenté. Pour ce faire, il isolera des fragments verbaux énigmatiques et de mise en suspension qui renvoient au blanc de la page et à son caractère vague : « ?, le point d’interrogation seul, comme lâché dans le vide, le blanc de la page, nul besoin de mots ou bien seulement celui-ci : “alors” ou “qu’en penses-tu” à quoi le regard du partenaire pourrait répondre : “quelle chaleur aujourd’hui…” ou “ce n’est pas si simple…” ou “il faut attendre encore, rien ne presse…” puis retour dans le vague »<sup>7</sup>. Non préfiguré dans ses limites thématiques ou actantielles, le texte avance par hypothèses que l’aposiopèse aide à rendre encore plus incertaines en privilégiant la forme impersonnelle et la non-personne et en faisant recours à une phraséologie apparemment banale et dilatoire oscillant entre litote et incertitude du sens. Dans une même orientation, notons la répétition de la marge et la bipolarisation du champ textuel montrant l’écart du sens d’un espace dit « ce nomansland »<sup>8</sup>, apte à décrire des objets de façon cinématographique là où l’on parle, par exemple, d’un « inextricable réseau gros plan »<sup>9 </sup>:<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Seuls; les verres.      en tout cela, in<br />
cessant mais<br />
Le glaçon a fondu.      plus audible à<br />
présent le<br />
Le niveau inchangé.     léger crépitement<br />
de la bande-<br />
son muette<sup>10</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Le texte qui n’est pas à l’abri de poussées déconstructives, se fait l’expression au travers de lexèmes fragmentés d’une sorte de balbutiement expressif (« et la rosée su / inte et ruisselle le long de ses jambes […] »<sup>11</sup>) isolant aussi des signes de ponctuation comme pour attribuer à ces derniers une autonomie indépendamment des mots. C’est ce que fait, d’ailleurs, la poésie de Claude Royet-Journoud<sup>12</sup>. Ici un passage où une virgule commence une phrase : « , les cheveux moins blonds qu’il n’eût paru »<sup>13</sup>. Il s’agit d’une opération lucide et dont un des passages-clé se fait l’écho, construit – en syntonie avec le titre du roman – sur la spécularité du double chiasme sémantique jouant sur l’asyndète et le passage de la forme transitive à la forme réfléchie de deux verbes : « […] car nous ne jouons pas le jeu le jeu se joue de nous nous ne passons pas le temps se passe de nous c’est tout »<sup>14</sup>. Une deuxième partie écrite substantiellement en forme poétique et fragmentaire n’aide encore pas à parvenir clairement à la définition d’un genre là où l’accent sur le caractère inachevé et discontinu est aussi mis en évidence dans l’<em>explicit </em>: « Ce désir d’un livre (?) / contenu et contenant / qui pallierait cet inconvénient majeur : le discontinu »<sup>15</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">En quatrième de couverture de <em>L’Origine des légendes</em><sup>16</sup>, on peut lire deux jugements critiques sur le roman précédent insistant sur l’errance vagabonde du personnage, là où Alain Bosquet parle de « cette aventure de la peur de l’aventure » et Jean Gaugeard de « simplicité lustrale »<sup>17</sup>. En effet, <em>L’Origine des légendes</em> s’inscrit aussi dans le sillon de l’œuvre précédente adhérant à un mouvement de dérive et d’abandon : « prendre le rythme de cette dérive, s’immobiliser dans son mouvement, acceptant jusqu’au vertige, mettre toute volonté, toute tension dans l’abandon, l’enfoncement »<sup>18</sup>. Il s’agit d’une sorte de <em>rêverie</em> onirique ininterrompue mais clairement assumée et orientée vers une image dont le caractère fascinatoire ne cache pas cependant un côté profondément ambigu et trompeur. Ainsi, les personnages se révèlent être des figures anonymes, spéculaires et évanescentes du soi et leur finitude apparaît en constante extension dépassant le moi de « l’impossible » bataillien :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Comme tout serait simple et finirait de soi-même.<br />
C’est de cela bien sûr, que toujours il s’agit, et<br />
ces personnages qui prennent, reprennent vie,<br />
pour quoi faire sinon apprendre lentement leur<br />
mort, la mienne ? Visages dont, me démultipliant,<br />
j’éteindrais un à un les regards. Des voix ainsi,<br />
autour de nous, anonymes mais reconnaissables,<br />
prennent tour à tour la parole, nous entretiennent<br />
du même sujet, toujours repris, parfois voilé. Je<br />
finis, tout finit, continue<sup>19</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Le mouvement erratique et fragmentaire qui réduit la trame narrative en mille digressions privées de hiérarchie entre les parties libère le lecteur des liens normalement établis avec l’auteur qui en refuse clairement les présupposés (l’écriture vue dans son rapport dialogique avec le lecteur auquel on doit communiquer quelque chose) : il s’agit de privilégier une liberté absolue dégagée de toute forme de devoir même celui de signer ce que l’on écrit – ce qui renvoie peut-être à l’esprit libératoire du célèbre discours de Ménalque à Nathanaël dans <em>Les</em> <em>Nourritures Terrestres </em>de Gide – :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Fermez ce livre, ne tentez pas d’obtenir de moi<br />
ces choses que je refuse, qui ne me sont rien. Ne<br />
venez pas me demander des comptes. De quelles<br />
preuves parlez-vous, racontars imbéciles, et ces<br />
papiers ces papiers quoi, pattes de mouche ali-<br />
gnées sur des feuillets jaunis, vous appelez ça des<br />
preuves. Je ne sais rien, vous pouvez rester, vous<br />
ne me gênez pas, parler, je ne vous entends pas, ce<br />
n’est pas à vous que je parle, vous pouvez même<br />
noter ce que je dis, consignez tout dans vos pape-<br />
rasses, faites-en ce que vous voulez, de toute façon<br />
tout est faux, j’invente au fur et à mesure que je<br />
parle, je ne signerai rien de tout cela, je décline<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     laissez-moi rêver impunément, ainsi :<sup>20</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Il semble que ce soit de Georges Bataille que nous héritions les traits érotiques de cette recherche de la ‘nudité fondamentale’ qui fait se croiser sans cesse désir et mort : d’un côté, dans la douceur des caresses entre deux amoureux :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     il se redressa, ôta un à un ses vêtements et s’allon-<br />
gea sur elle, il était parfaitement calme<br />
– « jamais tu ne fus plus nue », dit-il<br />
ils restèrent ainsi un long moment sans bouger,<br />
étendus, il caressait ses seins, ses reins inertes, sa<br />
peau déjà presque froide lui parlait de la mort<br />
avec beaucoup de douceur<sup>21</sup>,</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">ici se dégage aussi clairement une rythmique paronomastique (« <em>s</em>eins » - « <em>r</em>eins ») et consonantique qui joue sur la sérialité des liquides « l », des sifflantes « s » et des occlusives « p » ( que nous avons ici mises en valeur : « […] un long moment Sans bouger, étendus, il careSSait Ses Seins, Ses reins inertes, Sa <em>p</em>eau déjà <em>p</em>reSque froide lui <em>p</em>arlait de la mort […] »; de l’autre, et de façon très crue, dans l’horreur de la violence du sacrifice, de la torture et du dégoût qui en découle avec son répertoire d’humeurs et une dialectique renversée entre la notion de bas et de haut portant à des vomissures en direction du ciel : « […] ou hurlement de l’animal, brebis, génisse, truie, hurlement de truie sous le couteau, l’œil glacé du couteau près de l’œil humide de la truie et les mains embellies de sang et de bave ou bien cédant à quelle insupportable expiration je vomis jusqu’aux étoiles les étoiles mêmes de mon corps étoilé »<sup>22</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">En prise directe avec la matière de l’esprit, Frémon rend sa page d’écriture sensible aux moindres flux de la conscience et de l’inconscient absorbés par elle là où rien n’est prédéterminé mais tout est en devenir : « je ne voyais rien, il n’y avait rien, devant moi, mais tout était devant moi, en attente, prévu et disponible quoique caché, comme une phrase écrite à l’encre sympathique surgissant lentement […] »<sup>23</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">De façon analogue, le mécanisme dynamique du flux émergeant est le même que celui des histoires et de leurs ébauches qui se suivent en des fragments mêlant succession et superposition d’événements sans jamais réussir à en dégager un vrai visage sinon celui de leur ‘caractère passant’ n’incarnant qu’un résidu de mémoire : « cette histoire n’est pas mienne, ni vécue ni inventée, elle passait, elle passe, ici consignée, flottante entre ses limites provisoires, renversables, d’un geste, qu’on le veuille, aplanissant le tout d’un œil acide, rien n’en resterait que le souvenir d’une histoire ni vécue ni inventée, passante, que des bouches sans visage racontaient en des temps reculés […] »<sup>24</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Le fait est que dans une structure privée des piliers canoniques du roman tout devient instable et s’amorce alors un mécanisme de fuite, de glissement, sujet à l’arbitraire le plus total<sup>25</sup>. De tout cela il ne reste pas tant l’importance d’un agent ou d’un geste, plutôt la vibration pouvant animer ces derniers comme si on assistait à une matérialisation de la parole qui littéralement prendrait corps<sup>26</sup>. Il semble que toute finalité nous échappe irrémédiablement et aussi coïncide avec la dynamique même de l’écriture soit la possibilité même de l’existence du langage à laquelle le surréalisme, qui l’avait déçue, avait confié l’espoir d’une authentique révolution : « Tout ne reposait que sur des paroles et les paroles ne reposaient sur rien d’autre qu’elles-mêmes »<sup>27</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Ce qui n’a pas de visage</em><sup>28</sup>, construit structurellement sur une narration continue mise en parallèle avec des séquences fragmentées et dialogiques apparemment non reliées à la première, semble mettre en acte une dynamique spéculaire déformante qui oppose deux plans signifiants qui en apparence ne se rencontrent pas. Le narrateur faisant l’expérience d’une pulsion antithétique d’attraction et de répulsion envers le monde<sup>29</sup> continue à contourner toute piste préconstruite et voit dans une telle attitude la condition la plus propice à la découverte, guidé qu’il est par une perception délicieusement organique : « Il pensait que si son esprit était capable de progresser de la sorte sans se soucier d’un plan ni d’un tracé, il serait sans aucun doute à même de découvrir une infinité de propriétés inattendues et son corps lui-même sentirait dans chacune de ses cellules et de ses papilles le tremblement de l’explorateur foulant pour la première fois une terre nouvelle »<sup>30</sup>. Voué à une durée de vie fragmentaire, témoin de disparitions et apparitions d’éléments imprévus et imprévisibles en égale façon, l’affabulateur voit surtout dans l’histoire narrée un bruit de fond verbal privé de point de référence ainsi permettant à cette même histoire de ne pas devoir s’appuyer sur des personnages ou quelque autre <em>artifex </em>: cette histoire s’en remettra au seul devenir de la parole, seule présence dans un vide ou, tout du moins, dans un lieu de présences fuyantes :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Et l’histoire n’était souvent que le simple bruit<br />
de ces mots réunis. Non plus que d’auteur, il n’y<br />
avait à proprement parler de personnages, tout au   plus<br />
leur peu de présence . Ces histoires concernaient<br />
tout le monde et cependant ne concernaient<br />
personne en particulier ou bien ces histoires ne<br />
concernaient personne mais concernaient chacun<br />
en particulier<sup>31</sup>.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Il en découle également une manière de se demander – demander à soi-même – de tirer un bilan provisoire de l’expérience qui est en partie celle des errances caractérisant une grande partie de la narration européenne de <em>Tristam Shandy</em> de Sterne à <em>Jacques le Fataliste</em> de Diderot : on y dégage la surprise de parvenir dans un lieu sans même en avoir présagé l’existence au moment d’entreprendre l’aventure, même si les mots s’achèvent avec le sentiment de leur manquance, et avec elle, celle de la raison même ainsi que celle de la matière corporelle de l’écriture :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Comment se fait-il que parti sans but et ayant avancé sans souci de la direction, un jour on arrive<br />
cependant. L’arrivée pointe à la manière du jour,<br />
divers signes l’annoncent. Il est temps d’avouer<br />
sa faiblesse. Fini de composer. Pas de bilan, mais<br />
je sais bien que les mots n’ont pas assez manqué.<br />
Maintenant ils manquent, ils vont manquer, mais<br />
c’est déjà trop tard<sup>32</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">C’est ainsi que Frémon finit par admettre l’éternité de l’errance<sup>33</sup> comme réponse – toujours reproposée – à la recherche d’un sens de l’expérience.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Du <em>Jardin botanique </em>à l<em>’Île des morts</em> : <em>pas seulement une question de narration</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">La publication du roman <em>Le Jardin botanique</em><sup>34</sup> marque, sans nul doute, un progrès indiscutable dans l’évolution stylistico-expressive de Frémon pour ce qui est d’une cohésion majeure des thèmes et de la caractérisation des personnages comme pour ce qui est de l’efficacité et d’une qualité plus constante de l’écriture, tout cela s’inscrivant cependant dans la continuité de certains stylèmes tels les tournures rhapsodico-digressives mises ici néanmoins au service de certaines des voix des personnages, donc mieux connotées et moins anonymes. Le lieu présélectionné dans sa singularité se prête à l’utilisation d’un vocabulaire scientifique traitant de botanique et surtout d’ornithologie et de zoologie avec quelques incursions dans le domaine de l’anatomie de l’appareil reproductif animal des espèces les plus variées, comme pour signifier la centralité thématique de la fécondation que l’on retrouve en milieu naturel et qui correspond à la variété des écritures possibles se fécondant chacune à leur tour, en des appels et au long de parcours secrets. Ainsi s’obtiennent des descriptions minutieusement détaillées, souvent introductives concernant les accouplements des animaux les plus divers ainsi que la propension à les classer en huit catégories<sup>35 </sup>: un exercice d’érudition auquel le narrateur se livre avec constance d’une digression à l’autre et qui, à sa façon, constitue le point de cohésion entre les divers discours des personnages, discours répondant plus au monologue qu’au dialogue. Mais procédons par ordre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Le lieu est un lieu dont s’occupe le narrateur, conservateur général depuis dix ans du jardin et du Musée ainsi que du pavillon de paléontologie qui lui sont rattachés, il est originaire de Genève, référence explicite à la passion pour la botanique du Jean-Jacques Rousseau des derniers écrits, celui des <em>Rêveries du promeneur solitaire</em><sup>36</sup>. On trouve aussi : l’intendant Sam, gardien sarcastique et laconique, la bavarde Gertrude ainsi que d’autres chercheurs excentriques, de Soskine, passionné de mimétisme à Dawkins, théoricien de la génétique et futur détenteur d’un Prix Nobel, puis surtout l’aimée Clémence et Karl, singulière figure d’éclectisme intellectuel et de polémiste, sans oublier Thomas Narr, défenseur de théories anti-naturalistes. Cette palette de personnages, pour la première fois dans le parcours de l’auteur, connotés et reconnaissables, et même – dans l’épilogue – voués à un destin, se révèle plus qu’autre chose mise au service d’une polyphonie du narré répondant au besoin de l’auteur de sortir de soi : « L’idée de devoir mener de front plusieurs personnages, voire plusieurs carrières, sans grand rapport l’un avec l’autre me séduisait plutôt, j’y voyais comme un gage de tranquillité, l’assurance de pouvoir à volonté quitter une partie de soi pour se réfugier dans un autre, l’espoir confortable de ne jamais ressembler vraiment à son portrait »<sup>37</sup>. Notons que ces personnages ne s’inscrivent pas dans une véritable trame, qui n’est même pas feinte mais simplement éludée pour être remplacée par un espace vocal où s’expriment des individus isolés, non interagissant entre eux<sup>38</sup>. À vrai dire, Frémon entend ainsi prendre ses distances vis-à-vis de la matière du discours aussi au travers du recours à la précision anatomique des descriptions du corps et des comportements d’espèces animales en voie d’extinction dans la conviction que, comme l’affirme Karl : « Dès l’enfance nous sommes constitués de récits auxquels nous devons croire, nous prêter, que nous devons reproduire, mimer »<sup>39</sup> – même si les traits du dandy ne les font pas se rejoindre, comment ne pas penser, quand il s’agit de botanique ou d’un goût prononcé pour le<em> kitsch</em> d’objets désuets<sup>40</sup>, au personnage de Des Esseintes dans <em>À rebours</em> de Huysmans –.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Une fois l’espoir d’instituer L’Un dissipé, un Un, même revendiqué par Yves Bonnefoy dans le sillon de Plotin et dans toute son œuvre depuis <em>Anti-Platon,</em> le narrateur frémonien, ici, cède à l’hégémonie du concept et se résigne à l’inéluctabilité de sa permanence et donc à celle d’une nécessité d’étudier les rapports entre les parties :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Tout n’est que parties. Et le vieux rêve d’une<br />
Unité qui les lie. Sur ce point, nous avons fini<br />
par céder. Celles qui nous furent successivement<br />
proposées, décidément n’étaient pas à la hauteur.<br />
Le tout étant définitivement incommensurable,<br />
voire inconcevable, il ne nous reste plus que la<br />
perception et la mesure patiente des rapports<br />
qu’entretiennent les parties entre elles<sup>41</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Si il est d’usage pour la méthode scientifique d’obéir à la logique cartésienne (dont une des règles répond justement à la loi de la division), sur le plan narratif, les conséquences de cette orientation reconduisent inévitablement à des parcours précédents soit à la dispersion du discontinu. L’art et la science sont ainsi appelés à devenir l’antidote de l’anamorphose, du non-sens et du vide apparent du monde :<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Événements dispersés - décisions, accidents, ini-<br />
tiatives, découvertes – sans lien, sans forme, sans<br />
suite logique, multiples fictions discontinues.<br />
Comme si la vie était formée d’innombrables pe-<br />
tits foyers où quelque chose se trame sans rapport<br />
à l’ensemble et que les considérer d’un seul regard<br />
soit une tâche surhumaine.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     L’art, la science : inventer des connections, des<br />
moules, des balances, des mesures, des instru-<br />
ments de répétition, donner du sens. Combler<br />
l’horrible vide<sup>42</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Il s’en suit également que les faits deviennent des récits, « de purs prétextes »<sup>43</sup>, que les mots, souvent mensongers, reflètent mal. Ainsi prévaut l’amenuisement du sens dont seul le hasard décide de l’endroit où il se place et de l’endroit où on le trouve: « De petits faits, sans ordre, sans intention, enfilés comme des perles, en offrande. Quelques miettes ramassées, comme on balaye devant sa porte»<sup>44</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Aux dires de Karl, nous apprenons qu’un écrivain argentin détestait le roman, ce qui n’est pas un prétexte singulier pour dénoncer la problématique liée au genre du roman, celle « d’une forme esthétique qui n’a pas toujours existé et qui n’existera pas toujours », aussi celle liée au fait que « l’invention puis la disparition du roman comme forme de la propension naturelle de l’homme à l’affabulation est une conséquence de l’émergence, puis de la primauté et enfin de la déconfiture du principe de causalité naturelle »<sup>45</sup>. Frémon inscrit donc la problématique du roman dans le contexte du rapport complexe entre imaginaire et factualité, représentation et réalité, ce qui le porte vers la voie d’une expression aphoristique dont le laconisme s’accorde à la nécessité de réduire au minimum les effets du langage pour formuler une morale provisoire sur la vie et sur le monde :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Ne pas mourir chauve est un but comme un<br />
autre.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Conseil à soi-même : tenir un compte précis des<br />
indécences qu’on se permet<sup>46</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">De là, l’apologie faite à la phrase, instrument principal de ce processus et dont il encense les pouvoirs illimités et l’énergie musicale, mais aussi la matière riche et presque concrète : « Une phrase c’est quelque chose qui se mange, qui se malaxe, qui se répète, c’est quelque chose qu’on avale ou qu’on crache »<sup>47</sup>. Avec ironie, par le truchement de Thomas Narr, Frémon dénonce le rapport pervers liant l’écrivain à la société littéraire – et pas seulement – avec son <em>cursus honorum</em> obligé de services rendus réciproques, d’échanges, de récompenses, de recensions et d’hypocrisies, là où « la lâcheté, la vanité et la curiosité sont, au demeurant, les trois pulsions fondamentales grâce auxquelles la vie continue, malgré tout, alors qu’elle aurait toutes les raisons de s’arrêter »<sup>48</sup>. À de tels rites qui l’écœurent profondément, le narrateur réplique en leur opposant une rébellion anti-conformiste du corps et de ses bruits : on aura ainsi un éloge irrévérencieux du rot, réponse libératoire à un dégoût croissant : « Quand le dégoût atteint un certain seuil, roter, il n’y a que ça »<sup>49</sup>. Également, dans le mouvement fragmentaire et discontinu de son développement, le texte se déploie dans toute la beauté esthétique de sa langue et ce, dans divers fragments comme par exemple le passage consacré au directeur d’orchestre<sup>50</sup>, passage qui se démarque par l’équilibre et l’heureuse tournure de sa forme.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Il n’est pas surprenant qu’un leitmotiv du roman soit la poésie même si elle est très vivement critiquée par Karl qui appelle une de ses conférences « Contre la poésie »<sup>51</sup> lui attribuant la responsabilité de fuir le réel pour se réfugier derrière des stylèmes vides et volontairement élusifs. En réalité, Frémon pratique une écriture poétique qui souvent est une alternative à la prose, même à l’intérieur de ses romans et qu’un texte comme <em>L’Île des morts</em><sup>52</sup>, dont le titre s’inspire du tableau homonyme d’Arnold Böcklin<sup>53</sup> datant de 1886, articule en divers fragments aussi selon les modalités du vers.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Ce livre se démarque de par la constante mesure stylistique et l’ultérieure épuration de la forme qui donne à la lecture une majeure intensité émotionnelle et de par le caractère fragmentaire de son continu où le recours systématique à l’éloignement vertical entre les parties constitue une prosodie expressive volontaire de la parole et de la pensée, laquelle aime « se pauser », hésiter et interrompre des vides. Le fait de reprendre des personnages et des thèmes du <em>Jardin Botanique</em> en fait – et l’auteur, d’ailleurs, nous le confirme –, une sorte de suite avec, en plus, nous dirions, une plus grande cohésion stylistique et densité verbale –même dans de courts passages – qui le rendent peut-être plus compact que le texte précédent. Si de ce dernier, nous arrivent, en des échos, certains <em>topoi</em> : de la matière eschatologique et stercoraire liée à divers types d’organes génitaux mâles du monde animal à l’éloge des vertus des déjections et du pet, en passant par les digressions érudites d’aspect scientifique, toutefois, parmi tant d’autres, deux aspects apparaissent essentiels : le recours symbolique à l’image de l’ellipse, courbe fermée qui sans doute épouse le mouvement ou l’espace enveloppant de certains fragments verbaux souvent construits sur la prolepse :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">           Ellipses : sa bouche ouverte<br />
la boutonnière de ses yeux<br />
la forme de son oreille<br />
la ligne de son menton<br />
les ailes de son nez</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">             Ellipse : réticence.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">             Ellipses : courses de planètes, courses de neutrons<br />
[…]<br />
Un peu plus d’ellipse et un peu moins de réel, je<br />
ne saurais rien souhaiter de mieux<sup>54</sup><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">et l’argumentation ontologique et méta-narrative.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Sur le plan méta-narratif, l’auteur qui ne cache pas sa timidité, voire sa réticence à son endroit, insiste sur le caractère vague du statut du narrateur et des personnages également en évitant des logiques littéraires liées au genre du roman : « Vous vouliez des romans, non des traités, des réparties, non des aphorismes, des épanchements, non des relations »<sup>55</sup>. C’est ainsi que se manifeste la duplicité du personnage de Thomas, duplicité vaguement rimbaldienne : « […] un personnage double. C’est ainsi que je voyais Thomas, c’était moi, mais c’était un autre »<sup>56</sup>. Même l’évocation anecdotique de l’invention de l’écriture véhicule une sensation d’égarement qui menace le caractère secret de la création et avec elle, peut-être, l’identité humaine ou animale dans ce qu’elle contient d’inconfessable.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     On raconte, du moins c’est ce que dit Van Gu-<br />
lik, que lorsque Tsang Kie, ministre de Houang<br />
Ti, inventa l’écriture, tous les fantômes dans les<br />
forêts, dans les greniers, dans les antres, dans<br />
les grottes, firent entendre la même plainte, un<br />
gémissement mi-humain mi-bestial, comme le<br />
sanglot de la hyène, ils croyaient leur fin venue<br />
car désormais tous les secrets de la création pour-<br />
raient être divulgués<sup>57</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Dans l’impossibilité de choisir entre imitation et ressemblance, objet et concept, émergent des énigmes portant sur l’acte de nommer les choses (« Ils appelaient cela le corps subtil / mais nommer la chose l’efface »<sup>58</sup>), jusqu’à ce que sur le modèle du carnet de Karl, Frémon opte pour l’aspect insaisissable du sens, véritable <em>patchwork</em> de vie et d’écriture : « La vie, la mienne, c’est comme ici, dans ce cahier, une composition, un peu de ceci un peu de cela, un patchwork, un aimable bouquet, fleurs variées, coupées de-ci-de-là […] »<sup>59</sup>, un <em>pastiche, « </em>loi de la création »<sup>60</sup> qui dans le sillage de Proust, est synonyme d’hybridations, de recherches, de touches et d’esquives, le long de parcours divergents et imprévisibles lesquels, par exemple, renversent les rôles entre les animaux en captivité et leurs gardiens: « Je me dis que Grandville a raison, les animaux sont libres et nous sommes en cage, encagés dans notre esprit, bornés mieux que par des barreaux de fer, nous les prenons à deux mains, passons notre tête entre deux et hurlons silencieusement comme de pauvres fous »<sup>61</sup>. Il s’agit du vague panisme caractérisant l’homme qui se manifeste pour devenir, dépassant l’étroite limite de son identité singulière, un être multiple, métamorphique et pluriel : « Je suis vous, je suis moi, je suis tout le monde, disait-il d’une voix perchée, nous sommes tous travestis, ce n’est pas la peine d’en faire une maladie. Dawkins était un paon […] »<sup>62</sup>. De façon spéculaire, le statut ontologique des livres, produit de leurs auteurs métamorphiques, se situe « à mi-chemin des choses et des êtres »<sup>63</sup>, en faisant de ces derniers des présences fantasmatiques, des cônes d’ombre comme ceux grâce auxquels certaines civilisations font coïncider l’identité du réel et celle de la femme dans une démarche aphoristique :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     L’ombre comme proie. La proie sublime.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Le réel est ce qui porte une ombre.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     Les idées, les mots, les images ne portent pas<br />
d’ombre, sinon à ceux qu’ils offusquent, une<br />
ombre sans ombre, l’idée d’une ombre.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">     La différence entre un fantasme et une chose, c’est<br />
l’ombre. La femme sans ombre est une idée, un<br />
fantasme, une frustration. La femme sans ombre<br />
est stérile<sup>64</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">L’ambiguïté sur le statut de l’objet, du sujet et du narrateur déclenche une sorte de grande sarabande finale, un <em>grand guignol</em> ironique et grotesque où la fable et la farce se confondent en vertu d’un «mimétisme généralisé », où « chacun pastiche chacun, des formes se dissimulent dans d’autres ou les détournent, le singe-belette se prend pour un oiseau, la hyène simule les sanglots humains […]»<sup>65</sup>. Il demeure, toutefois, la permanence verbale et ontologique d’un être pluriel qui se fait parole transparente et pour cela durable dans une dérive vers l’inconnu laissant beaucoup d’espace à la suggestion poétique – on pense à Emily Dickinson ou aux formes de l’<em>haiku </em>– celle d’un poème qui est aussi partie intégrante et moteur du corps vibrant de la prose, enchantement d’oxymores traduit en une sérialité de consonnes : « Je me livrerais au stupre manuel en respirant les roses »<sup>66</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Dans la <em>fabula</em> de l’écriture qui met aussi en acte une opération de dé-composition, Frémon se projette lui-même dans le personnage énigmatique de R.W. qui, avec modestie et de façon intelligente, affirme à propos de lui-même dans un de ses livres récents : « Je ne suis pas un grand homme, pense R.W., mais pas un petit homme non plus. J’ai composé trois ou quatre livres que les éditeurs n’ont pas refusés, tout le monde ne peut pas en dire autant. Bien sûr qu’ils ne se sont pas vendus mais il faut reconnaître que je n’ai pas fait beaucoup d’efforts pour cela »<sup>67</sup>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Les livres sont, en réalité, beaucoup plus que quatre ou cinq, si seulement l’on considère ceux qui sont le plus dignes d’intérêt : <em>Le Singe mendiant</em><sup>68</sup><em>,</em> <em>La Vraie Nature des ombres</em><sup>69</sup>, <em>Gloire des formes</em><sup>70</sup> et le tout récent <em>Rue du Regard</em><sup>71</sup>, réticules de tracés oscillant entre narration, critique artistique et littéraire et écrit de forme brève ; tous mériteraient autant d’attention à nos yeux tant ils reflètent le talent d’écrivain de Jean Frémon, maître de la rapsodie et de la fuite. Un 25 août, dans une lettre adressée à Bernard Noël, il écrivait d’ailleurs : « J’écris non pour me trouver mais pour me fuir, me perdre, perdre au moins momentanément ce que d’autres appellent “moi” et en quoi je ne peux me reconnaître»<sup>72</sup></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Traduit de l’italien par Sandrine Cuzzucoli.</em></span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7549-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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« Dossier Jean Frémon »<br />
<a href="http://www.cipmarseille.com" target="_blank">cip<em>M</em></a><br />
96 p., 12,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7549-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/wp-content/uploads/2016/10/SCOTTO-fremon.jpeg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7549-0-2-2">			<div class="textwidget"><p align= "left"> . J. Frémon, <i>Ce qui n’a pas de visage</i>, « Textes », Flammarion, 1976, p.121-122.</p>
<p>2. <i>Ibid.</i>, p.123.</p>
<p>3. M. Blanchot, <i>L’Espace littéraire</i>, Gallimard, 1955.</p>
<p>4. <i>Id.<i>, <i>L’Entretien infini</i>, Gallimard, 1969.</p>
<p>5. J. Frémon, <i>Le Miroir, les Alouettes</i>, Seuil, 1969.</p>
<p>6. <i>Ibid.</i>, p.9.</p>
<p>7. <i>Ibid.</i>, p.10.</p>
<p>8. <i>Ibid.</i>, p.40.</p>
<p>9. <i>Ibid.</i>, p.41.</p>
<p>10. <i>Ibid.</i></p>
<p>11. <i>Ibid.</i>, p.46.</p>
<p>12. Nous nous permettons de renvoyer à F. Scotto, « Claude Royet-Journoud : il “bianco territorio” », in F. Scotto, <i>La voce spezzata. Il frammento poetico nella modernità francese</i>, Rome, Donzelli, 2012 (Saggi, Arti e Lettere), p. 242.</p>
<p>13. J. Frémon, <i>Le Miroir, les Alouettes</i>, éd.cit., p. 46.</p>
<p>14. <i>Ibid.</i>, p. 58.</p>
<p>15. <i>Ibid.</i>, p. 124.</p>
<p>16. J. Frémon, <i>L’Origine des légendes</i>, Seuil, 1972.</p>
<p>17. <i>Ibid.</i></p>
<p>18. <i>Ibid.</i>, p. 51.</p>
<p>19. <i>Ibid.</i>, p. 58.</p>
<p>20. <i>Ibid.</i>, p. 78.</p>
<p>21. <i>Ibid.</i>, p. 83.</p>
<p>22. <i>Ibid.</i>, p. 80.</p>
<p>23. <i>Ibid.</i>, p. 109. Le leitmotiv de l’attente caractérise également, en des accents rappelant aussi bien R. Barthes, <i>Fragments d’un discours amoureux</i> (Seuil, 1977), que M. Blanchot, <i>L’attente, l’oubli</i> (Gallimard, 1962), certaines séquences dialogiques anonymes de <i>L’Origine des légendes</i>, comme par exemple :<br />
« – il est arrivé que vous êtes venu<br />
– étais-ce moi en particulier que vous attendiez ?<br />
– sans doute, j’attendais quelqu’un qui viendrait, vous êtes venu c’est donc vous que j’attendais » , <i>ibid.</i>, p. 132.</p>
<p>24. <i>Ibid.</i>, p. 118.</p>
<p>25. « ainsi, par irruption brutale dans un ensemble où tout paraissait stable et invulnérable introduire le dérapage, la fuite, glissement d’abord insensible puis vertigineux déplacement vers d’autres lieux enchaînés de façon toute arbitraire », <i>ibid.</i>, p.135.</p>
<p>26. « prenant prétexte de tout pour pousser un peu plus loin, ce besoin, ajouter des mots sans cesse aux quelques mots qui furent un jour déposés sans raison sur une page blanche et entrèrent en vibration, de ces mots seule la vibration demeure, leur identité leur sens ont disparu et se dérobent à toute tentative […] » , <i>ibid.</i>, p. 136.</p>
<p>27. <i>Ibid.</i>, p. 155.</p>
<p>28. J. Frémon, <i>Ce qui n’a pas de visage</i>, éd. cit. </p>
<p>29. « – le sentiment d’être par chaque pore, par chaque cellule, à la fois atrocement lié au monde et atrocement coupé du monde », <i>ibid.</i>, p.21.</p>
<p>30. <i>Ibid.</i>, p. 30.</p>
<p>31. <i>Ibid.</i>, p. 78.</p>
<p>32. <i>Ibid.</i>, p. 164.</p>
<p>33. « le désert de l’éternelle errance », <i>ibid.</i>, p. 167.</p>
<p>34. J. Frémon, <i>Le Jardin botanique</i>, P.O.L, 1988.</p>
<p>35. <i>Ibid.</i>, p. 205-206.</p>
<p>36. « […] huit millions de végétaux séchés collés dans des herbiers dont ceux du cher Jean-Jacques, mon compatriote […] Dix ans que j’ai quitté Genève», <i>ibid.</i>, p. 13.</p>
<p>37. On lit en effet, sur le plan méta-narratif, que « L’écrivain est d’abord un narrateur et tout ce qui est dit dans un livre est dit par un personnage de livre, même ce qui semblerait le plus direct […] J’ai écrit ce qu’on appelle des romans mais je n’ai jamais su donner de nom à mes personnages », <i>ibid.</i>, p. 233-234.</p>
<p>38. <i>Ibid.</i>, p. 10-11.</p>
<p>39. J. Frémon, <i>Le Jardin botanique</i>, éd.cit., p. 29.</p>
<p>40. « J’ai toujours eu l’étrange manie de glaner ici et là toutes sortes de petits objets désuets […] » , <i>ibid.</i>, p. 348. Cfr. F. Orlando, <i>Gli oggetti desueti nelle immagini della letteratura. Rovine, reliquie, rarità, robaccia, luoghi inabitati e tesori nascosti</i>, Einaudi, 1993 puis 1994.</p>
<p>41. <i>Ibid.</i>, p. 18.</p>
<p>42. <i>Ibid.</i>, p. 38.</p>
<p>43. <i>Ibid.</i>, p. 72.</p>
<p>44. <i>Ibid.</i>, p. 144.</p>
<p>45. <i>Ibid.</i>, p. 108.</p>
<p>46. <i>Ibid.</i>, p. 120.</p>
<p>47. <i>Ibid.</i>, p. 127.</p>
<p>48. <i>Ibid.</i>, p. 196.</p>
<p>49. <i>Ibid.</i>, p. 124.</p>
<p>50. <i>Ibid.</i>, p. 160-162.</p>
<p>51. <i>Ibid.</i>, p. 45.</p>
<p>52. J. Frémon, <i>L’Île des morts</i>, P.O.L, 1994.</p>
<p>53. <i>Ibid.</i>, p. 74.</p>
<p>54. <i>Ibid.</i>, p. 74.</p>
<p>55. <i>Ibid.</i>, p.27.</p>
<p>56. <i>Ibid.</i>, p. 58.</p>
<p>57. <i>Ibid.</i>, p. 103.</p>
<p>58. <i>Ibid.</i>, p. 196.</p>
<p>59. <i>Ibid.</i>, p. 229.</p>
<p>60. <i>Ibid.</i>, p. 132.</p>
<p>61. <i>Ibid.</i>, p. 201-202.</p>
<p>62. <i>Ibid.</i>, p. 245.</p>
<p>63. <i>Ibid.</i>, p. 249.</p>
<p>64. <i>Ibid.</i>, p. 252.</p>
<p>65. <i>Ibid.</i>, p. 255.</p>
<p>66. <i>Ibid.</i>, p. 223.</p>
<p>67. J. Frémon, <i>La Vie postume de R.W.</i>, Fata Morgana, 2012, p. 10-11.</p>
<p>68. <i>Id.</i>, <i>Le Singe mendiant</i>, P.O.L, 1991.</p>
<p>69. <i>Id.</i>, <i>La Vraie Nature des ombres</i>, P.O.L, 2000.</p>
<p>70. <i>Id.</i>, <i>Gloire des formes</i>, P.O.L, 2005.</p>
<p>71. <i>Id.</i>, <i>Rue du Regard</i>, P.O.L, 2012.</p>
<p>72. B. Noël / J. Frémon, <i>Le Double Jeu du tu</i>, « Le grand pal », Fata morgana, 1977 p. 33.</p>
</div>
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		<title>Claude Dourguin : Points de feu</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 10:46:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; par Claude Chambard aux marges d’ombre tremblante encore Entre la vive lumière et les marges de l’ombre le territoire d’écriture, de vie, de marche, d’attention, d’observation de Claude Dourguin est tout entier contenu dans ces pages, qu’elle nous envoie depuis nombre d’années. Cette femme singulière, cherche des chemins, des paysages, des peintres, des écrivains &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7472-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7472-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7472-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7472-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Claude Chambard</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7472-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: center;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>aux marges d’ombre tremblante encore</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Entre la vive lumière et les marges de l’ombre le territoire d’écriture, de vie, de marche, d’attention, d’observation de Claude Dourguin est tout entier contenu dans ces pages, qu’elle nous envoie depuis nombre d’années. Cette femme singulière, cherche des chemins, des paysages, des peintres, des écrivains et des jours qui sculptent la chambre d’écho qu’elle habite résolument. Tout ici oblige à la réflexion ou à passer son chemin. C’est dire la richesse de ce livre ; le trouble qu’il cause aussi. Ainsi, on engage un dialogue souvent, comme tout véritable échange, heurté. Il faut, bien sûr, acquiescer au monde afin de pouvoir – pleinement – accepter ou nuancer, voire contredire, la réflexion de l’autre, la plus simple, la plus quotidienne, comme la plus complexe. Le lecteur trace son propre chemin dans les brefs paragraphes qui composent le texte. Dourguin est solitaire, passer quelques heures à ses côtés est un privilège, celui de réfléchir pris souvent de vertige sur la façon dont les mots, les sons, les images – on lira beaucoup de réflexions sur la peinture et les peintres – et, par ricochet, les sens, vont de soi aux autres. L’auteur contemple, devine, se souvient, creuse l’instant, le prolonge – à peine –, le décale parfois, et sa perception aiguë du monde est absolument inimitable, sincère et austère comme le sont Mantegna ou Alberti « quels frères décidément ! ». Elle dit l’étonnement quotidien d’être, elle dissèque habitudes et lassitudes dans un présent reconduit… où Stendhal est le contemporain de Gustave Roud et Patinir, de Bachelard… Une expérience, une réelle méditation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"> </span></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7472-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7472-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
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</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7472-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-7472-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.jose-corti.fr/">Éditions Corti</a><br />
« en lisant en écrivant »<br />
240 p., 22,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7472-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/CHAMBARD-dourguin.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Christophe Fourvel : Tant de silences</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Christophe Fourvel]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Favre]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Claude Favre Ouvrant le livre comme on s’approche d’une présence absente, ou bien l’ayant doucement refermé comme la porte d’une pièce où repose un être cher, n’ayant plus d’envie que de se taire, tant de silences ce livre est beau, comment dire. L’origine du mot silence est obscure. Et chaque silence écrit ici &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7388-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7388-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7388-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7388-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Claude Favre</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7388-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Ouvrant le livre comme on s’approche d’une présence absente, <em>ou bien</em> l’ayant doucement refermé comme la porte d’une pièce où repose un être cher, n’ayant plus d’envie que de se taire, tant de silences ce livre est beau, comment dire. L’origine du mot silence est obscure. Et chaque silence écrit ici inaugure une expérience. Ouvre, traverse ce que le texte tente de ne pas définir. Il y a beaucoup de visages en mots et dessins et ce qu’ils portent d’effacements. Pense à la voix perdue de Jankélévitch, à l’attention, à la disparition. À la tentation du silence, celui de Tiziano, de Scola, d’une héroïne de film, de soi parfois, tout le contraire d’une menace, ce silence comme une danse, un tremplin, tout le contraire d’une peur. Une expression du XVI<sup>e</sup> siècle « en grande silence » par l’étirement syllabique dit ce geste d’équilibre. <em>Ou bien</em>, pense au rejet du silence ou à ces silences de mort, lèvres opposées à la barbarie – ne pas faire silence sur / ne pas réduire à / ni être mis sous <em>ou bien</em>. Pense à chaque silence son histoire qui n’est pas mutisme, à cette invitation sensuelle sans mysticisme à trouver le nôtre, à l’écriture qui le convoque. Le silence n’est pas une fin, toujours singulier il appelle le dire, en ses pluriels.</span></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7388-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7388-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-7388-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left">Dessins de Jean-Pierre Schneider<br />
Lecture de Jean-Marie Blas de Roblès<br />
<a href="http://editionslateliercontemporain.net/">L’Atelier contemporain</a><br />
128 p., 20,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7388-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/FAVRE-Fourvel.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Fabrice Bourlez : Pulsions pasoliniennes</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Bourlez]]></category>
		<category><![CDATA[Patrice | Corbin]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Patrice Corbin « Le dehors est un lieu étrange. Il ne se confond pas avec l’extériorité. Il décale les engrenages analytiques selon un perpétuel mouvement de décentrement », cet avertissement n’est en rien un mode opératoire de la pensée susceptible de définir l’œuvre de Pasolini, mais au moins préfigure-t-elle la possibilité d’un portail, d’une fissure &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7358-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7358-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7358-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7358-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Patrice Corbin</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7358-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">« Le dehors est un lieu étrange. Il ne se confond pas avec l’extériorité. Il décale les engrenages analytiques selon un perpétuel mouvement de décentrement », cet avertissement n’est en rien un mode opératoire de la pensée susceptible de définir l’œuvre de Pasolini, mais au moins préfigure-t-elle la possibilité d’un portail, d’une fissure dynamique entre réel mouvant et réalité momifiée. Pasolini, architecte d’un radical refus, contraint l’image filmique jusqu’à l’insupportable, réalise un autre corps où texte et image se coagulent entre plaisir et supplice, convoquant la psychanalyse pour la renvoyer à la cause perdue de l’organisation œdipienne. Les subjectivités s’inscrivent en multiplicité, leurs ombres préfigurent l’altérité, celle d’un « corps-texte » où s’opère une « démétaphorisation » pour reprendre le mot de Dominique Noguez<sup>1</sup>. <em>Pulsions pasoliniennes </em>nous invite allusivement à la congestion du signifié en évoquant <em>Pétrole</em><sup>2</sup><em>,</em> l’illisible incontournable, en scrutant la chair de <em>Salò</em><sup>3</sup> comme celle d’un corps qui ne se pénètre que du dedans. Fabrice Bourlez, citant Pasolini, conclut momentanément : « Rien de plus intolérable pour un homme que d’être toléré. »</span></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7358-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7358-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
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</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7358-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-7358-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="http://www.lespressesdureel.com/">Les presses du réel</a><br />
112 p., 12,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7358-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/CORBIN-bourlez.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7358-0-2-2">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. <i>L’adieu aux normes</i>, Dominique Noguez, in <i>le Cinéma autrement</i>, Cerf, 1987.</p>
<p align= "left">2. <i>Pétrole</i>, première parution en 1995, traduction de l’italien par René de Ceccatty, Édition d’Aurelio Roncaglia, nouvelle édition augmentée en 2006, « Du monde entier », Gallimard.</p>
<p align= "left">3. <i>Salò ou les 120 Journées de Sodome</i>, Pier Paolo Pasolini, 1975.</p>
</div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Télérama hors-série</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Goffinet]]></category>
		<category><![CDATA[Telerama]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Sébastien Goffinet C’est très mauvais. Donc, très bon. Les quatre premières pages imposent plein cadre deux publicités pour un joaillier de luxe où des papillons noir et blanc côtoient des fleurs roses pour « célébre[r] les 50 ans de la collection Poésie / Gallimard ». Le ton est ainsi donné, qui ne se démentira pas, &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7399-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7399-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7399-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7399-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Sébastien Goffinet</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7399-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">C’est très mauvais. Donc, très bon. Les quatre premières pages imposent plein cadre deux publicités pour un joaillier de luxe où des papillons noir et blanc côtoient des fleurs roses pour « célébre[r] les 50 ans de la collection Poésie / Gallimard ». Le ton est ainsi donné, qui ne se démentira pas, d’une succession de clichés, de formules réductrices et de choix hautement partisans (ainsi, le nom de Denis Roche n’est-il pas seulement mentionné, y compris lorsqu’il s’agit pourtant de dénoncer les « années 1960, […] qui avaient annoncé la mort inéluctable de la poésie, […] seuls les tenants de cette éradication ont avalisé leur prophétie en disparaissant des mémoires » (p. 11)). Et tout le reste est à l’avenant pour offrir de la poésie contemporaine un panorama doucereux et mièvre : ainsi la « revendication politique » de Ponge est-elle là limitée à « un “affranchissement”, une “libération” des objets » grâce à la « fête linguistique » (p. 30).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Cette inoffensivité à laquelle ce numéro contraint la poésie (à l’exception timide de l’article d’Éric Loret : <em>La nouvelle orchestration de la poésie sonore</em>, qui se conclut par « la poésie comme action politique n’a donc pas terminé sa longue marche », p. 91), cette édulcoration systématique ne peuvent que résulter d’un choix stratégique, visant à amener l’habituel lectorat de <em>Télérama</em>, sans trop l’effrayer, à lire davantage de poésie contemporaine. C’est sans doute ce même plan machiavélique qui dans ce numéro sur les poètes du XX<sup>e</sup> siècle donne des textes de Baudelaire, Rimbaud et de Vigny. La même intelligence permet ainsi à André Velter de revendiquer la « résistance contre l’avilissement de la langue, l’abrutissement médiatique » (p. 11) pour employer à la page suivante le cliché le plus journalistique, donc le plus vide, qui soit : « six livres de poésie. Celle-ci est donc dans l’ADN de la maison ».<br />
De Denis Roche ou André Velter, qui « dispara[îtra] des mémoires » ?</span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7399-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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<div align="left">« Poètes du XXe siècle. Le parti pris des mots »<br />
N° M 02096 - 199H, février 2016<br />
98 p., 8, 50 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7399-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/GOFFINET-telerama.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
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		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Profane</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Florence Andoka]]></category>
		<category><![CDATA[profane]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Florence Andoka Profane en se consacrant aux créateurs amateurs trace une ligne ambiguë à l’image du champ qu’elle s’est choisie. Contre l’idée réductrice, qu’agir en amateur, c’est se départir de tout talent, la revue s’attache à l’étymologie du terme et avance que l’amateur est avant tout celui qui œuvre par goût, n’en tirant &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7348-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7348-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7348-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7348-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Florence Andoka</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7348-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Profane</em> en se consacrant aux créateurs amateurs trace une ligne ambiguë à l’image du champ qu’elle s’est choisie. Contre l’idée réductrice, qu’agir en amateur, c’est se départir de tout talent, la revue s’attache à l’étymologie du terme et avance que l’amateur est avant tout celui qui œuvre par goût, n’en tirant ni argent, ni gloire à l’heure où tout a un prix et une utilité. Une citation de Roger Caillois inscrite au cœur du numéro, explore l’idée d’un amateurisme se développant contre l’aliénation du travail à l’ère industrielle. La pratique amateur serait-elle alors un mécanisme, de résistance ou de régulation, selon le point de vue adopté, permettant à l’individu de supporter un système oppressif ? L’artiste amateur a quelque chose à voir avec l’artiste brut, dont il pourrait être une dénomination contemporaine. Quoiqu’il en soit des catégories de l’histoire de l’art, <em>Profane</em> sous sa belle couverture nacrée se fait l’écho d’une vitalité salutaire pour l’œil qui la parcourt.</span></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7348-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7348-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
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</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7348-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-7348-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left"><a href="www.revueprofane.com">Profane</a><br />
N° 2<br />
« Avis aux amateurs »<br />
15,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7348-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/ANDOKA-profane.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7348-0-2-2">			<div class="textwidget"><p align= "left"></p></div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Collectif Inculte : En procès</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Collectif Inculte]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé | Laurent]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Hervé Laurent L’hypothèse est la suivante : Il serait possible de raconter l’histoire du XXe siècle à travers celle des procès qui l’ont jalonné. Sa simplicité est trompeuse. Qu’est-ce qui atteste que tel procès est un jalon plutôt que tel autre ? Tout procès n’est-il pas un symptôme de l’état d’une société, un étalon des &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7428-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7428-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7428-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7428-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Hervé Laurent</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7428-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">L’hypothèse est la suivante : <em>Il serait possible de raconter l’histoire du XX<sup>e</sup> siècle à travers celle des procès qui l’ont jalonné</em>. Sa simplicité est trompeuse. Qu’est-ce qui atteste que tel procès est un <em>jalon</em> plutôt que tel autre ? Tout procès n’est-il pas un symptôme de l’état d’une société, un étalon des valeurs qui la sous-tendent, un sismographe des crises qui l’agitent ? S’engageant sur la voie de l’exemplarité, le Collectif Inculte ne passe-t-il pas à côté de la dimension fondamentale de l’exercice du pouvoir judiciaire qui est, justement, de ne pas se limiter à l’exception mais de traiter l’ensemble des conduites déviantes ou jugées telles par une époque, une nation, une civilisation ?<sup>1</sup> Procéder autrement c’est accepter une échelle des valeurs implicite basée sur un mixte de notoriété (Wilhelm Reich, O. J. Simpson, Bill Clinton…), de retentissement médiatique (Charles Manson, Christian Ranucci…) d’implication directement politique (procès staliniens, bourreaux croates, génocidaires Rwandais, internés de Guantanamo…). Et si les <em>jalons</em> étaient choisis autrement ? Voilà une question que n’ont pas cru devoir poser les membres du Collectif Inculte, faute de quoi leur projet paraît compromis dans sa prétention à écrire<em> une Histoire</em>. Pourtant ce recueil, dans ses meilleures contributions, réunit <em>des histoires</em> et des façons de les raconter. Deux pôles : la subjectivité affirmée comme outil critique du contexte judiciaire abordé<sup>2</sup> et l’exercice d’un protocole purement objectif<sup>3</sup> qui, refusant de produire aucun appendice explicatif ou argumentatif, travaille à partir du seul texte officiel du procès. Dans ces deux formes radicales, le parti-pris affirmé déploie sa puissance heuristique, dans tous les autres<sup>4</sup> s’affiche la faiblesse d’écritures qui font l’économie de leur régime d’énonciation sous prétexte qu’elles explorent celui d’une justice peu reluisante. Deuxième erreur, et si banale, celle-là.</span></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7428-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7428-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
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</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7428-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-7428-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left"><em>Une histoire du XXe siècle</em><br />
<a href="http://www.inculte.fr/">Inculte</a><br />
« Dernière Marge »<br />
256 p., 17,90 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7428-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/LAURENT-Collectif-inculte.gif" alt="couverture" width="185" /></a>
</div></div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7428-0-2-2">			<div class="textwidget"><p align= "left">1. Ce qui fait, aujourd’hui encore, la force et la pertinence de <i>Testimony</i> de Charles Reznikoff (<i>Témoignage</i>, tr. fr. Marc Cholodenko, P.O.L, 2012) c’est que l’histoire des États-Unis qui s’y écrit n’est alimentée que de fragments de destins anonymes, ceux-là même que la justice américaine, au quotidien, aura cru de son devoir d’évaluer ?</p>
<p align= "left">2. C’est le cas pour <i>Procès de Christian Ranucci, 9 et 10 mars 1976</i> de Marie Cosnay.</p>
<p align= "left">3. Cf., par exemple, Franck Smith, <i>Procès d’Idelphonse Hategekimana, 1994-2010</i>.</p>
<p align= "left">4. Inclassable, <i>Procès épargné au lion Prince, 2001</i>, le texte de Claro, se souciant d’ailleurs fort peu du XXe siècle, développe une stimulante méditation sur le rapport des hommes aux bêtes, à travers le rappel des procès intentés aux animaux jusqu’à l’aube du XVIIIe siècle.</p>
</div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>L’étrangère</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[L’Étrangère]]></category>
		<category><![CDATA[Tristan | Hordé]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Tristan Hordé La dernière livraison de L’étrangère s’ouvre avec des réflexions vives de Pierre-Yves Soucy sur la création aujourd’hui. On les complètera avec l’article bref et incisif du philosophe H.-P. Jeudy à propos de la mise sur le marché médiatique d’arguments comme produits de consommation. Un autre ensemble en prose, tout différent, rassemble &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7421-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7421-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7421-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7421-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Tristan Hordé</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7421-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">La dernière livraison de <em>L’étrangère</em> s’ouvre avec des réflexions vives de Pierre-Yves Soucy sur la création aujourd’hui. On les complètera avec l’article bref et incisif du philosophe H.-P. Jeudy à propos de la mise sur le marché médiatique d’arguments comme produits de consommation. Un autre ensemble en prose, tout différent, rassemble les notes d’atelier de Michel Pagnoux, notes sur le lieu lui-même et sur le regard, avec des développements à propos de l’autoportrait puis de Bonnard. Enfin, une étude précise de Christian Ruby de la théorie esthétique de John Dewey clôt le volume. Le reste de la revue est consacré à la poésie, en vers ou non ; en dehors des vers de Sarah Plimpton, en bilingue, les auteurs retenus donnent une image très variée de la poésie francophone par ses motifs et les formes retenues : on pense à la ferveur de Pierre Voélin dans son « Poèmes en Arménie », à la ville devenue étrange sous le regard de Michel Collot, aux notations sur l’écriture de Stéphanie Ferrat (« Je ne fabrique rien, qu’un rempart à la mort, bol de mémoire pour que nous puissions être foudroyés ce soir »), à la voix rare de François Lallier dans ses poèmes sur le souvenir, le voyage, la fenêtre, etc.<br />
On retiendra l’ensemble d’une quarantaine de pages, présenté et traduit par Thierry Faut, sur le poète chinois Li Yû (937-978). On y apprend comment le poète a changé la tradition des Tang, âge d’or de la poésie chinoise, en reprenant pour ses vers le schéma de la chanson populaire. L’éditeur a choisi de reproduire les très beaux caractères de l’écriture chinoise vis-à-vis de la traduction, et c’est heureux.</span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7421-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
		</div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7421-0-1-3">			<div class="textwidget"><p><!-- Simple Share Buttons Adder (5.0) simplesharebuttons.com -->
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</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7421-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-7421-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left">L’étrangère<br />
N° 40-41<br />
<a href="http://www.lettrevolee.com/spip.php?page=neohome">La Lettre volée</a><br />
292 p., abonnement annuel : 45,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7421-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/HORDE-letrangereZZZ.jpg" /></a>
</div></div>
		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Mahmoud Darwich : Présente Absence</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:53 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Christian | Travaux]]></category>
		<category><![CDATA[Mahmoud Darwich]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Christian Travaux À l’instar de Sarraute, dans Enfance, ou d’Apollinaire, dans « Zone », dans Présente Absence Mahmoud Darwich parle de lui en se tutoyant, et se dit en se désignant comme un autre. Un double « je ». D’un côté, le « je » véridique, qui il est et qui il fut. Et, de l’autre, le « je » lyrique, &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7460-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7460-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7460-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7460-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Christian Travaux</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7460-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">À l’instar de Sarraute, dans <em>Enfance</em>, ou d’Apollinaire, dans « Zone », dans <em>Présente Absence</em> Mahmoud Darwich parle de lui en se tutoyant, et se dit en se désignant comme un autre. Un double « je ». D’un côté, le « je » véridique, qui il est et qui il fut. Et, de l’autre, le « je » lyrique, le « je » littéraire et écrit, le « je » des mots, qui est un « tu ». Un miroir. Un visage absent, où l’on peut se voir et se dire, et s’écrire, et se contempler, dans toute son étrangeté. Lui, l’étranger réfugié, le palestinien, né sur une terre, désormais, israélienne, dépossédé de son histoire, de son passé, et de son identité – et, perpétuellement, en errance.<br />
Mahmoud Darwich. Une vie qui ne fut la sienne que par la contrainte et l’histoire, l’occupation et les chars, et l’écriture. Et devenu, littérairement, la conscience de son pays, la Palestine. En 2006, il publie un de ses tout derniers livres : <em>Présente Absence</em>. Il s’y interroge sur lui, sur sa vie et sur son parcours, et tente d’éclairer son passé à la lumière de son présent, du peu d’avenir qui lui reste, et inversement. Il mourra en 2008, à Houston, au Texas, et se sait déjà condamné à très court terme.<br />
Aussi, en 20 chapitres d’une prose dense et intense, fait-il un retour sur sa vie. De ses débuts, sur une terre alors palestinienne, Saint-Jean d’Acre et Haïfa, où il se souvient de ses frères, les oiseaux, l’aube se faufilant par les trous de sa porte en bois, ou de ses parents, occupés à hacher les feuilles de tabac. Toute une enfance, où la terre pouvait voler, où les arbres étaient faits d’une âme pour demeurer et s’isoler. Et où l’école était un lieu où s’apprend la maîtrise des mots : qu’un mot bien dit, bien prononcé, fait naître au jour, sur la page, l’objet nommé ; que les mots sont choses et maison, si on les assemble tous ensemble. Qu’ils possèdent l’air de la mer, sa danse et son rythme ancien, appellent l’obscur. Et que les apprivoiser permet d’apprivoiser le monde. Ainsi, est-ce le mot <em>réfugié</em> qu’il interroge et qui le blesse, quand <em>ici</em> devient un <em>là-bas</em>, pour lui, lointaine sa maison du passé, et le passé même, soudain, lui-même nouveau-né, dans un autre pays tout neuf, qui n’est plus le sien désormais. Ainsi, l’exil.<br />
Bien des pages sont consacrées à l’exil qui fit de Darwich ce qu’il fut, ce qu’il a été. Passager, toujours passager entre un ici et un ailleurs, habitant les aéroports, seul lieu possible de l’exilé, pour qui n’a pas même de pays. Ou la prison, quand – opposant au régime israélien – il y séjourne plusieurs fois, et se trouve désormais privé de lumière et de liberté. Mais non pas de poésie. Car la poésie est au cœur de la vie de Mahmoud Darwich. La poésie, comme une promesse de liberté, un inconnu fulgurant, sa seule, vraie, patrie. Les mots, pour lui, en poésie, sont absence qui devient présence, ou une présence qui s’absente, sont inquiétude existentielle, terre qui porte, pensée qui guide, et sont vie, sont vie, comme l’amour, comme la haine, et comme la douleur. Et comme la mort.<br />
Et Mahmoud Darwich de dire – outre l’exil et l’exode, et l’errance, et sa patrie – tout le quotidien de sa vie : les femmes aimées, bien sûr, ou sa part féminine ; les frissons qui l’ont fait trembler ; les corps où se faire sa demeure, et exister. Mais aussi son emploi du temps : une journée, une de ses journées, l’installation face à la page, l’écriture et la poésie. Ses sommeils ; son évanouissement, quand il fit un arrêt cardiaque ; l’électrochoc, le corps branché à des tuyaux, halluciné par les doses d’anesthésiques. Et puis, le retour au pays, les adieux à Tunis, le fait de pouvoir retrouver sa terre, les arbres et les mots de sa terre. Gaza. Ramallah. Jéricho. Haïfa. Là où il est né, la Galilée. Sa mère. Et la tombe de son père.<br />
Mais les lieux ne sont plus les mêmes. Les villages qui sont restés rappellent les villages enterrés, disparus, l’herbe, le passé. L’État s’est bridé d’interdits. Les réfugiés, mis dans des camps, ne peuvent pas rivaliser avec les palais de leurs geôliers. Et le regard même a changé. Désormais, revenir ici, c’est voir, sur la tombe de son père, sa propre tombe à venir. C’est voir le passé au présent, et s’il lui est encore possible d’écrire, quand écrire, c’est dire non, c’est refuser la servitude, et c’est lutter. Qu’est-ce qu’un poète palestinien, s’il n’est plus palestinien ?, s’écrie-t-il, plus en exil, plus en errance, plus dans l’exode, et que sa terre l’accueille alors ?</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;"><em>Je suis venu, mais je ne suis pas arrivé<br />
Je suis là, mais je ne suis pas revenu,</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">écrit Darwich. Pourtant,</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Me voici, le voici<br />
voici l’enfant turbulent, fils d’un turbulent,<br />
d’une turbulente, fils de ton eau et de ton feu.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Fils de sa terre, où il aurait voulu mourir, Mahmoud Darwich livre, ici, un bilan poignant de sa vie et de sa pensée. Dans une langue d’une rare beauté, d’une incandescence maîtrisée, d’un feu souverain, il nous laisse comme testament – sans nul doute, son dernier livre traduit en français – ces fragments d’une vie brisée, renouvelée par la force de l’écriture. Et par la croyance qu’aux guerres fanatiques, aux extrémismes, seule la poésie peut ouvrir les yeux sur le fait d’être un homme. Juste un homme, parmi les hommes.</span></p>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7460-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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</div>
</div>
		</div></div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7460-0-2" ><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce panel-first-child" id="panel-7460-0-2-0"><div class="textwidget"><div align="left">Traduit de l’arabe (palestinien) par Farouk Mardam-Bey et Elias Sanbar<br />
<a href="http://www.actes-sud.fr/">Actes Sud</a><br />
« Sindbad / Mondes arabes »<br />
160 p., 17,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text panel-last-child" id="panel-7460-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/TRAVAUX-darwich.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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		</div></div></div>]]></content:encoded>
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		<title>Françoise Ascal : Un bleu d’octobre</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 00:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CCP #32-5]]></category>
		<category><![CDATA[32-5]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Chambard]]></category>
		<category><![CDATA[Françoise Ascal]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; par Claude Chambard Cette façon de journal – d’atelier intérieur, comme elle le nomme – que tient Françoise Ascal depuis 1980 et dont le premier volume fut Cendres vives (plusieurs fois réédité) est bouleversante. Les pages arrachées à l’oubli qu’elle veut bien partager avec nous disent sans aucun doute quelque chose de celles qu’elle &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="panel-grid" id="pg-7351-0" ><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7351-0-0" >&nbsp;</div><div class="panel-grid-cell" id="pgc-7351-0-1" ><div class="panel widget widget_text panel-first-child" id="panel-7351-0-1-0">			<div class="textwidget"><h6><b>par Claude Chambard</b></h6>
</br></div>
		</div><div class="panel widget widget_black-studio-tinymce" id="panel-7351-0-1-1"><div class="textwidget"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: BodoniStd; font-size: 14pt;">Cette façon de journal – d’<em>atelier intérieur</em>, comme elle le nomme – que tient Françoise Ascal depuis 1980 et dont le premier volume fut <em>Cendres vives</em> (plusieurs fois réédité) est bouleversante. Les pages arrachées à l’oubli qu’elle veut bien partager avec nous disent sans aucun doute quelque chose de celles qu’elle a choisi d’ignorer pour la publication. Du temps qu’elle a soustrait au temps. Les seules dates sont celles de l’année, ici 2001 à 2012 – dans les précédents volumes il était fait mention du mois. Le rythme du livre est une invitation au partage et on y retrouve êtres et lieux – Melisey, surtout, qu’on finit par, pour ainsi dire, connaître –, comme après une absence, lorsque l’on revient dans une maison amie où très peu de choses ont été modifiées mais suffisamment pour donner envie de répondre à chaque invitation de celle qui l’habite avec ses fantômes. Au fond, c’est cela que cet <em>atelier intérieur</em> propose : une visite de quelques lieux, de fragments de temps – qui sont le temps comme infini, à peine commencé déjà passé – en compagnie de l’auteur qui nous parle avec patience, et quelquefois brusquerie, de la vie, de la maladie, de la mort, de l’écriture, des livres, des écrivains, de réparer une maison, de résidences d’écrivain, de voyages, de musique, de peinture… toutes choses qui nous accompagnent chaque jour. Françoise Ascal a une façon si personnelle de les énoncer, de les explorer, que l’on ne se lasse jamais de l’y rejoindre dans ces pages-ci, dans ses récits, dans ses poèmes, dans cette façon de perdre et de retrouver la parole, comme si le langage tout entier était contenu là, en attente, et par le mystère de l’écriture explosait dans ce qui constitue une œuvre majeure d’aujourd’hui, une de celles qui retrouve la source, l’essentiel dialogue infini.</span></p></div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7351-0-1-2">			<div class="textwidget"><p></br><br />
</br></p>
</div>
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128 p., 15,00 €</div>
</div></div><div class="panel widget widget_text" id="panel-7351-0-2-1">			<div class="textwidget"><div id="lipsum" style="text-align: justify;"><img class="alignleft wp-image-46 size-medium" src="http://cahiercritiquedepoesie.fr/images/couvertures/32-5/CHAMBARD-ascal.jpg" alt="couverture" width="185" /></a>
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